Côte d’Ivoire: de la crise électorale au procès de Gbagbo devant la CPI

Côte d’Ivoire: de la crise électorale au procès de Gbagbo devant la CPI

Les dates-clés en Côte d’Ivoire depuis la crise post-électorale de 2010-2011 jusqu’au procès de l’ancien président Laurent Gbagbo devant la Cour pénale internationale, qui décidera mercredi s’il sera jugé en appel pour crimes contre l’humanité après son acquittement en 2019.

– Deux présidents

Le 28 novembre 2010, le second tour de la présidentielle, reportée six fois depuis 2005, en raison de la partition du pays après un putsch manqué en 2002, oppose le président sortant Laurent Gbagbo à son rival Alassane Ouattara.

Le 3 décembre, le pays se retrouve avec deux présidents, le Conseil constitutionnel ayant proclamé la victoire de Gbagbo et la commission électorale celle de Ouattara. L’ONU reconnaît la victoire de ce dernier. L’Union européenne, la France et les Etats-Unis demandent à M. Gbagbo de s’incliner.

Le lendemain, Laurent Gbagbo est investi chef de l’Etat et son rival prête serment « en qualité de président ».

Pendant que M. Gbagbo s’installe au palais présidentiel, les partisans de M. Ouattara et des membres de son gouvernement se retranchent dans l’hôtel du Golf à Abidjan, soumis à un blocus.

– Gbagbo arrêté, Ouattara investi

Le 28 mars 2011, après quatre mois de tensions, violences et médiations infructueuses, les forces pro-Ouattara lancent une offensive, prenant en quatre jours le contrôle de quasiment tout le pays.

Le 11 avril, Laurent Gbagbo est arrêté par les Forces républicaines (FRCI) de Ouattara à l’issue d’une bataille de dix jours dans la capitale et plusieurs jours de bombardements de la force française Licorne et de l’ONU.

Plus de 3.000 personnes sont tuées lors de cette crise.

Le 21 mai, Alassane Ouattara est investi.

– Gbagbo devant la CPI

Le 30 novembre, Laurent Gbagbo est incarcéré au centre de détention de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, rejoint le 22 mars 2014 par un de ses proches, Charles Blé Goudé, ex-chef des « jeunes patriotes ».

Le 28 janvier 2016 débute le procès des deux hommes. M. Gbagbo est le premier ex-chef d’Etat poursuivi par la CPI.

Ils sont accusés de quatre chefs de crimes contre l’humanité: meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains. Ils plaident non coupables.

– Simone condamnée, acquittée, amnistiée

A Abidjan, l’épouse de Laurent Gbagbo, Simone, contre laquelle la CPI a également émis un mandat d’arrêt en 2012, est condamnée le 10 mars 2015 à 20 ans de prison pour atteinte à la sûreté de l’Etat.

Le 31 mai 2016, elle comparaît dans un nouveau procès, accusée de « crime contre l’humanité », « crime contre les prisonniers de guerre » et « crimes contre les populations civiles ». Elle est acquittée le 28 mars 2017 mais cette décision est cassée par la Cour suprême.

Elle sera finalement libérée le 8 août 2018, après une amnistie décrétée par le président Ouattara afin de favoriser la réconciliation nationale.

– Gbagbo acquitté par la CPI

Le 15 janvier 2019, Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sont acquittés par la CPI, dans une décision historique prise à l’unanimité.

En février, ils sont libérés sous conditions dans l’attente d’un éventuel procès en appel, qui sera demandé par la procureure de la CPI en septembre.

En novembre, la justice ivoirienne condamne en appel par contumace M. Gbagbo à 20 ans de prison pour le « braquage » de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest pendant la crise post-électorale de 2010-2011.

Charles Blé Goudé est condamné le mois suivant à 20 ans de prison pour des crimes commis pendant cette crise.

– Retour dans le jeu politique

En mai 2020, la CPI autorise sous conditions Laurent Gbagbo à quitter la Belgique, où il est assigné à résidence depuis son acquittement. Il a annoncé son intention de se rendre en Côte d’Ivoire.

Le 14 septembre, le Conseil constitutionnel ivoirien rejette une quarantaine de candidatures à l’élection présidentielle d’octobre, dont celle de Laurent Gbagbo. Le scrutin sera remporté par Alassane Ouattara, dont la candidature controversée à un troisième mandat entraîne des violences faisant près de cent morts.

En mars 2021, les législatives sont marquées par le grand retour dans le jeu électoral du Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo, qui boycottait tous les scrutins depuis son arrestation.

Le parti au pouvoir remporte les législatives, mais perd la majorité qualifiée.

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