L’un des plus grands bidonvilles de Sierra Leone ravagé par le feu

L’un des plus grands bidonvilles de Sierra Leone ravagé par le feu

Susan’s Bay, l’un des plus grands bidonvilles de la capitale sierra-léonaise, Freetown, a été détruit mercredi soir par un incendie aux causes inconnues. Si les autorités n’avaient relevé jeudi aucun mort, des milliers de personnes se retrouvent désormais sans abri et sans ressource. De ce quartier de baraques construites sur des terrains insalubres gagnés sur la mer, en bordure du centre historique, il ne restait au lendemain du sinistre que des amas de tôles, d’où s’échappaient des fumées blanches et que fouillaient des centaines d’habitants, a constaté un correspondant de l’AFP.

De rares murs noircis tenaient encore debout. Çà et là, quelques palmiers aux feuilles brûlées dressaient leurs silhouettes décharnées au milieu des gravats.

« Nous n’avons recensé aucun mort, mais plusieurs personnes ont été blessées en s’échappant de l’enfer. Des enfants ont été séparés de leur famille et la police fait tout pour les retrouver et les réunir avec leurs proches », a déclaré sur place un officier de police qui n’a pas souhaité être identifié.

« L’étendue des dégâts est inconnue, mais des milliers de personnes ont probablement été affectées » par le désastre, avait dit dans la nuit la municipalité de Freetown sur Twitter, sans donner de bilan.

« Le feu est parti mercredi en fin d’après-midi du bord de mer, sous un vent violent. Vers 18h30, il a changé de direction, a touché la partie Est de Susan’s Bay et puis il s’est étendu partout, c’était hors de contrôle », a raconté à l’AFP un habitant, Foday Turay, selon qui les pompiers ont été gênés dans leur progression par l’étroitesse des ruelles.

« Quatre cents maisons au moins sont parties », a estimé M. Turay. Mais comme « presque tout le monde ici est commerçant, la plupart des gens étaient heureusement absents au moment où l’incendie a éclaté », a-t-il ajouté.

« J’étais au marché quand j’ai entendu parler du feu, alors je suis revenue et j’ai vu qu’il n’y avait plus moyen de rentrer dans ma maison. J’ai juste attrapé mes enfants et on est parti se mettre à l’abri », a expliqué une résidente, Ya Alimamy Ofinoh. « J’ai tout perdu », disait, en pleurs, une autre habitante, Ya Marie Kamara.

Malgré un sol regorgeant de diamants, la Sierra Leone (7,5 millions d’habitants), ancienne colonie britannique d’Afrique de l’Ouest, est un des pays les plus pauvres de la planète.

Son économie, gangrenée par la corruption, a été dévastée par une guerre civile (1991-2002) qui a fait quelque 120.000 morts. Elle reste fragile après l’épidémie d’Ebola qui l’a ravagée en 2014-2016, la chute des cours mondiaux des matières premières et l’apparition l’année dernière du coronavirus.

L’Union européenne « examine les moyens d’apporter une aide d’urgence aux victimes et réfléchira avec les autorités sur les mesures structurelles indispensables qu’il faudra prendre pour limiter le risque que de telles catastrophes se reproduisent », a dit sur Twitter l’ambassadeur de l’UE, Tom Vens.

La représentante des Nations unies en Sierra Leone, Babatunde Ahonsi, s’est rendue dans le quartier pour « analyser l’étendue du désastre », a indiqué l’ONU sur les réseaux sociaux.

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