Libye: Tripoli appelle au retrait « immédiat » de l’ensemble des mercenaires

Libye: Tripoli appelle au retrait « immédiat » de l’ensemble des mercenaires

Le gouvernement unifié libyen a appelé jeudi au retrait « immédiat » de l’ensemble des mercenaires présents dans ce pays, en proie au chaos depuis une décennie mais qui connaît une embellie politique à la suite d’un processus sous l’égide de l’ONU.

« Nous réitérons la nécessité du départ de tous les mercenaires de Libye et de façon immédiate », a déclaré la ministre libyenne des Affaires étrangères, Najla al-Mangoush, lors d’une conférence de presse à Tripoli avec ses homologues français, allemand et italien.

« Le départ des mercenaires », lié aux interférences étrangères, « est essentiel pour que l’Etat libyen affirme sa souveraineté », a ajouté le Français, Jean-Yves Le Drian.

Les chefs des diplomaties française, italienne et allemande ont effectué jeudi un déplacement surprise à Tripoli, une dizaine de jours après l’installation d’un nouveau gouvernement unifié chargé de gérer la transition jusqu’à des élections prévues le 24 décembre.

La Libye tente de s’extraire d’une décennie de conflit, depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, un chaos marqué par l’existence de pouvoirs rivaux et l’implication de puissances étrangères, notamment par le biais de l’envoi de mercenaires.

Jusqu’à très récemment s’affrontaient un gouvernement à l’Ouest reconnu par l’ONU et appuyé notamment par la Turquie à un pouvoir dans l’Est soutenu par les Emirats, l’Egypte et la Russie.

Le nouvel exécutif unifié, qui doit permettre de clore ce chapitre de divisions, est né d’un nouveau processus onusien lancé en novembre à Tunis et mis sur orbite en février à Genève, avant un vote de confiance « historique » du Parlement ce mois.

– « Voisinage immédiat » –

Sur la question des mercenaires, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a noté mercredi qu’il restait « profondément préoccupé par les informations sur une présence persistante d’éléments étrangers dans et autour de Syrte et dans le centre de la Libye », dans un rapport au Conseil de sécurité.

L’ONU a évalué à environ 20.000 le nombre de militaires étrangers et mercenaires encore actifs en Libye.

Evoquant l’initiative commune de jeudi, le chef de la diplomatie française a estimé qu’elle visait à démontrer une unité « nécessaire » sur la Libye, qui « représente notre voisinage immédiat ».

« Nous ne pouvons détourner le regard des conséquences que peut avoir la crise libyenne en Europe en matière de sécurité, en matière de terrorisme, en matière de migration », a-t-il dit.

« De la même manière, la stabilité de la Libye est une des clés de la stabilité du Sahel, de l’Afrique du Nord et de la Méditerranée », a poursuivi M. Le Drian, dont le pays doit rouvrir lundi prochain son ambassade à Tripoli, après des années de fermeture.

« Nous voulons montrer que nous, les Européens, nous tenons unis et déterminés au côté de la Libye », a renchéri l’Allemand Heiko Maas.

« C’est un résultat qui, il y a quelques mois encore, semblait inatteignable », s’est aussi félicité l’Italien Luigi Di Maio, qui effectuait son deuxième déplacement en quelques jours à Tripoli.

« En Italie et en Europe, le soutien est inébranlable, avec la conviction qu’il ne peut y avoir de solution militaire » au conflit, a-t-il insisté.

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