RDC : Combien de morts faut-il pour une vraie enquête au Kasaï ?

RDC : Combien de morts faut-il pour une vraie enquête au Kasaï ?

Le décompte est insoutenable. Les Nations unies ont annoncé ce mercredi 12 juillet avoir découvert au moins 38 nouvelles fosses communes au Kasaï. Un chiffre terrible qui s’ajoute au 41 fosses déjà identifiés et qui porte donc le décompte macabre à 80 fosses communes.

Pour rappel les violences au Kasaï ont débuté en août, soit il y a près d’un an. Depuis, 1,3 million de Kasaïens ont dû fuir leur foyer, plus de  30 000 ont trouvé refuge en Angola et plus de

3300 auraient trouvé la mort.

Face à ces découvertes impossibles à nier, les autorités de Kinshasa ont accusé les rebelles Kamwina Nsapu avant d’expliquer que certaines fosses communes découvertes n’auraient comporté aucun corps.

Mais de nombreux témoignages de Kasaïens ayant fuit les violences mettent à mal cette position de Kinshasa. Ces témoins décrivent comment des camions militaires congolais ont littéralement « déversé » des corps dans des fosses communes. Les Nations unies, de leur côté, ont multiplié les accusations contre les forces armées congolaises pour un usage excessif de la force dans les Kasaï.

Boucs émissaires

Pourtant, la semaine dernière, la justice congolaise a condamné à de lourdes peines sept militaires pour leur implication dans des meurtres au Kasaï. Des meurtres  qui ont été filmés et largement diffusés sur tous les écrans du monde. Difficile, dans ce cas de nier la terrible réalité. « Mais ces militaires purgeront-ils leur peine? « , s’interrogeait début de semaine un avocat kasaïen.

Les mêmes exactions kasaïennes permettent aujourd’hui aux autorités de Kinshasa  de justifier le report sine die des élections pourtant programmées fin de cette année par l’accord de la saint Sylvestre. Un argument jugé insupportable par nombre de Congolais qui pointent un doigt accusateur sur ces mêmes autorités dans l’organisation de ces violences. « Les autorités font preuve d’un cynisme incroyable », explique un opposant. Les représentants américains et français aux Nations unies, demême qu’un groupe de parlementaires américains, ont relancé l’idée d’une enquête internationale indépendante dans le Kasaï. Kinshasa ne veut pas en entendre parler. Mais face à une telle dérive et face à ce qui s’apparente de plus en plus à des crimes contre l’humanité, voire un génocide, la communauté interationale doit s’imposer et ne peut plus se contenter de demi-mesures. Combiens de Kasaïens devront-ils mourir avant que les vrais responsables soient inquiétés.

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