Présidence de la CAF: poussé par la Fifa, Motsepe sur la voie royale

Présidence de la CAF: poussé par la Fifa, Motsepe sur la voie royale

La bataille de Rabat n’aura pas lieu. L’élection du président de la Confédération africaine de football (CAF) promettait d’être disputée, mais une entente orchestrée par la Fifa promet le poste à « son » candidat, l’inconnu Sud-Africain Patrice Motsepe, vendredi au Maroc.

Les trois autres prétendants ont signé un pacte les rangeant derrière le président des Mamelodi Sundowns, un milliardaire très occupé et qui risque d’avoir bien d’autres tâches que celle de réformer le gouvernement du foot africain.

Le Sénégalais Augustin Senghor, le Mauritanien Ahmed Yahya et même l’Ivoirien Jacques Anouma, ce dernier un temps séduit par la rébellion contre la Fédération internationale, ont renoncé à briguer le poste contre la garantie de postes, respectivement, de premier et second vice-présidents et de conseiller du futur président.

Pourtant, jusqu’à fin février, chacun fourbissait ses armes pour la campagne.

« Je suis le candidat qui peut fédérer, réaliser l’unité organique de la Fifa », disait Senghor à l’AFP.

« Les candidats sont tous sérieux, chacun avec son projet, mais je pense que le mien est le meilleur pour l’Afrique », assurait pour sa part Yahya.

Anouma jugeait « peu démocratique » ce « pacte de Rabat » un peu imposé par la Fifa, avec l’intervention à Rabat des conseillers de Gianni Infantino, le Congolais (RDC) Véron Mosengo-Omba, directeur des associations de la Fifa, et le Suédois Mathias Grafström, vice-secrétaire général. Mais l’Ivoirien a aussi renoncé à se présenter.

Ces trois retraits font grincer des dents sur tout le continent, profondément gêné par l’interventionnisme de la Fifa.

– « M. Infantino, arrêtez le massacre! » –

Déjà pendant six mois, au second semestre 2019, la mise sous tutelle de la CAF, avec la présence au siège du Caire (Egypte) de la Secrétaire générale de la Fifa, la Sénégalaise Fatma Samoura, avait hérissé de nombreux membres de la Confédération.

« M. Infantino, arrêtez le massacre avec le foot africain », lance dans des déclarations à l’AFP Claude Le Roy, figure du football africain qui a collectionné les postes de sélectionneur sur le continent.

« Effaré » que le président de la Fifa, Gianni Infantino, « impose sa loi à l’Afrique dans les élections », Le Roy a émis « un cri du coeur » en direction des candidats, pour les inciter à refuser l’entente autour d’un seul, voulue par la Fifa. En vain.

Quatre ans plus tôt, déjà, le patron du foot mondial avait « créé un véritable cataclysme économique et sportif en faisant élire Ahmad Ahmad », peste l’actuel sélectionneur du Togo, âgé de 73 ans.

« Il faut absolument faire une enquête, pourquoi vient-il ? Parce que le président de la CAF est vice-président de la Fifa? Mais ceux de l’UEFA et de la Conmebol aussi ! Et Infantino ne va pas y imposer les élections ! » s’emporte Le Roy, qui a disputé huit Coupes d’Afrique des nations et a remporté celle de 1988 avec le Cameroun.

« C’est un mépris pour le continent africain de cet homme qui se comporte en médiocre secrétaire général adjoint du FMI » (Fonds monétaire international), assène-t-il.

Contactée par l’AFP, la Fifa renvoie à ses précédentes déclarations sur le sujet: elle considère cet accord comme une « union pour le progrès du foot africain ». « C’est pour le développement du football », explique un haut dirigeant depuis Zurich.

Le candidat sénégalais a lui expliqué dans un communiqué « accepter la proposition consensuelle de la Fifa (…) au nom de l’intérêt supérieur de l’unité du foot africain ».

Amené à devenir premier vice-président, derrière Motsepe, Senghor présente le quadriumvirat comme « une équipe, une team pour relever le foot africain ».

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