RDC : Kalev attendu ce mardi 9 mars au Parquet général près de la Cour d’appel

RDC : Kalev attendu ce mardi 9 mars au Parquet général près de la Cour d’appel

L’ancien patron des renseignements congolais sous joseph Kabila, Kalev Mutond, invité à se présenter ce mardi devant l’avocat général près de la cour d’Appel de Kinshasa/Gombe.

Kalev Mutond est donc attendu ce mardi sur le coup de 10 heures au Parquet général près de la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe. En cause, plusieurs plaintes déposées ces derniers temps contre l’ancien directeur de l’Agence nationale de renseignement (ANR) pour arrestations arbitraires, enlèvements, torture, traitements inhumains et dégradants, empoisonnements, tentatives d’assassinat,… etc

Depuis plus de deux semaines des accusations circulaient sur les réseaux sociaux, comme de fausses convocations devant les juges. « Tout cela relève d’une mise en scène »,  nous expliquait Kalev Mutond, joint par LaLibreafrique. Un des dossiers les plus « spectaculaires » concernaient les accusations qu’aurait porté contre l’ancien patron de l’ANR l’ancien bâtonnier de Lubumbashi Jean-Claude Muyambo.  « J’ai vu ces accusations comme vous sur les réseaux sociaux, poursuivait Kalev. C’est surréaliste. Jamais ce Monsieur n’a parlé de moi lors de sa première plainte qui date d’il y a plus de 5 ans. Cinq longues années plus tard, il m’accuse d’être responsable de son arrestation,  de l’avoir torturé. Comment expliquer qu’il n’ait rien dit plus tôt. Dans sa première plainte, il explique qui l’a arrêté et l’ANR n’est jamais cité. C’est incompréhensible. C’est une chasse à l’homme », poursuivait Kalev Mutond.

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Au total, une dizaine de plaintes au moins seraient sur la table du juge. Kalev et ses avocats tentent de démontrer qu’il y aurait non seulement une « chasse à l’homme » mais aussi un « complot politico-tribalo-judiciaire, outrancièrement médiatisés ». Et de tenter de ramener le dossier sur le terrain, toujours dangereux en RDC, de l’antagonisme entre Kasaïens et Katangais. Les avocats de Kalev ont produit un tableau reprenant douze plaintes. Selon eux, onze des plaignants seraient issus de l’ancien Kasaï occidental.

RDC : Plaintes en vue contre Kalev

Ses avocats ajoutent encore : « aucun des plaignants n’a produit un seul fait précis, dans sa plainte, sur la responsabilité ou l’implication individuelle et personnelle de Monsieur Kalev Mutond, concernant les allégations des tortures,  d’enlèvements, de traitements inhumains et dégradants, d’empoisonnement ou de tentative d’assassinat », tout en ajoutant : « les Services de l’État ne comptant pas que des Saints dans leurs rangs, il est possible que des actes prohibés par la Loi, aient été commis sur terrain ou dans leurs bureaux respectifs, par des Agents, des Cadres ou des Officiers de l’Armée, de la Police Nationale, de l’ANR ou de la DGM, dans l’exercice de leurs fonctions » mais, pour ses avocats, même s’il devait s’agir de membres de l’ANR, leur patron de l’époque n’aurait jamais participé (!) à ces exactions.

Kalev a préparé son dossier, ses avocats l’ont porté sur le terrain toujours miné du tribalisme. Sera-ce suffisant pour que Kalev échappe aux poursuites ? Les temps sont durs pour les membres du PPRD et du FCC. La chute d’une nouvelle icone de cette mouvance serait une nouvelle plume au chapeau de la nouvelle majorité.

L’arrestation et l’inculpation éventuelles de Mutond, dans la foulée de la désignation d’un Premier ministre issu du katanga par le président originaire du Kasaï, ne paraît pas susceptible d’embraser la situation entre ces deux communautés qui se regardent toujours en chien de faïence,  malgré les mises en garde et les doutes émis par la Coordination des Communautés de l’espace katangais.

Lire le message de la Coordination des communautés de l’espace katangais

Sans oublier que Mutond est sur la liste des personnalités sanctionnées par l’Union européenne et les Etats-Unis. Sa « prise » serait un message envoyé par le pouvoir tshisekediste à destination de Washington et Bruxelles alors que les deux centres névralgiques du pouvoir s’impatientent  face aux lenteurs des vraies réformes tshisekedistes et que tant les États-Unis que l’Union européenne craignent de repartir vers une nouvelle prolongation du mandat présidentiel faute « d’organisation » et de « volonté réelle » d’organiser la prochaine présidentielle en 2023, soit dans deux ans et demi.

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