RDC : Le nouveau « oui mais » du FMI

RDC : Le nouveau « oui mais » du FMI

Dire que les finances de la République démocratique du Congo sont dans le rouge ne relève pas de la prise de position. Juste un constat lucide face à une situation qui ne cesse d’empirer et qui a déjà des conséquences très néfastes – et qui ne feront qu’empirer – pour une population congolaise prises en otages par des décideurs politiques.

Face à cette situation catastrophique et malgré les critiques récurrentes contre les institutions internationales (ONU, FMI, UE,…) coupables de tous les maux selon les responsables politiques congolais, la diplomatie congolaise a tenté de jouer sur toute la gamme des notes en sa possession pour obtenir que le grand argentier mondial délie rapidement les cordons de sa bourse pour répondre à  un appel d’air vital pour la RDC.

Le 12 juin dernier, le Premier ministre congolais Bruno Tshibala a ainsi adressé un courrier à la patronne du Fonds monétaire international, la Française Christine Lagarde, pour lui demander « un soutien financier dans le cadre de la facilité de crédit rapide (FCR) ».

Le 5 juillet dernier, Kinshasa a reçu la réponse de Mme Lagarde qui, en bonne diplomate a appris à ne jamais dire non et à manier la carotte et le bâton avec un art consommé. « Je prends bonne note de cette demande », écrit-elle, avant d’expliquer que « pour y donner suite », elle propose d’envoyer une de ses équipes en RDC… durant la seconde moitié du mois de septembre ce qui permettra de « dresser un bilan actualisé de la situation économique de la RDC. De plus, l’équipe des services du FMI pourra ainsi évaluer les besoins financiers du gouvernement. »

Et Christine Lagarde de rappeler le sens de la « facilité de crédit rapide » ce qui lui permet de mettre clairement les choses au point avec le gouvernement Tshibala. « Notre soutien devra s’inscrire dans un contexte permettant une amélioration de la situation macroéconomique et faisant également intervenir des financements des principaux partenaires de la RDC. Pour remplir ces deux conditions, une trajectoire crédible vers la stabilité politique sera probablement un pré-requis. Si ces circonstances étaient présentes, l’équipe des services du FMI serait en mesure de discuter avec vous en septembre prochain d’un éventuel appui financier dans le cadre de la FCR. »

Bref, le FMI n’interviendra que si la RDC joue le jeu démocratique. Elections ou calendrier crédible, respect de l’accord de la Saint-Sylvestre et donc décrispation, Autant d’éléments qui ne font plus partie du message de la majorité au pouvoir à Kinshasa.

Les caisses se vident, les partenaires potentiels se font désirer, la crise sociale menace chaque jour un peu plus.

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