Rwanda: Rusesabagina demande à être libéré parce qu’il a été « enlevé »

Rwanda: Rusesabagina demande à être libéré parce qu’il a été « enlevé »

Actualisation le 10 Mars 2021.

La Haute Cour du Rwanda pour les crimes internationaux et transfrontaliers a poursuivi vendredi le procès de membres du groupe armé FLN, affilié à la coalition MRCD de l’opposant Paul Rusesabagina, dont Hollywood avait fait le héros – controversé – du film “Hotel Rwanda”.

Paul Rusesabagina s’est présenté comme un “otage” et ses avocats ont demandé l’annulation de sa détention parce qu’il a été arrêté “illégalement” à la suite d’un “rapt”. Le parquet a réfuté le rapt, faute d’usage de la violence ou de coercition ; il propose d’entendre comme témoin Constantin Niyomwungere.

La défense refuse cette audition parce que M. Rusesabagina a déposé plainte contre lui auprès de l’East African Court of Justice pour avoir facilité son enlèvement ; étant suspect, il ne peut être témoin. La cour décide de l’entendre à titre d’”information”, sans qu’il prête serment.

Pasteur burundais naturalisé belge, Niyomwungere dit avoir rencontré en 2017 Rusesabagina, qui se présentait comme chef d’un parti, le MRCD, et d’un groupe armé, le FLN. Ils se sont vus sept fois à Bruxelles. Puis, l’informant a appris les meurtres commis au Rwanda par le FLN ; choqué, il a interrogé Rusesabagina, qui a revendiqué la responsabilité de l’attaque. Niyomwungere s’est senti trahi mais les deux hommes sont restés en contact.

Un jour, alors qu’il était à Kigali, dit-il, il a été contacté par le Bureau d’investigation du Rwanda (RIB) et a accepté de coopérer quand on lui a montré les messages qu’il avait échangés avec l’accusé, “interceptés par les autorités belges.”

Quand Rusesabagina l’a appelé pour lui demander de lui faire rencontrer des autorités burundaises pour que ses combattants puissent utiliser le Burundi comme base arrière, après des revers au Congo où ils étaient basés, Niyomwungere a prévenu le RIB.

Éviter Europe et Afrique

Il a préparé le voyage avec l’accusé, alors aux États-Unis, qui préférait passer par Dubai pour éviter les pays européens et africains en raison du mandat d’arrêt émis contre lui par Kigali. Rusesabagina lui a payé le voyage Nairobi-Dubaï.

À Dubaï, les deux hommes ont embarqué à bord d’un avion privé avec leurs passeports belges. Niyomwungere a fait asseoir Rusesabagina “loin de l’écran” qui montrait l’itinéraire et la destination : Kigali. À l’arrivée, Rusesabagina a été arrêté par le RIB. Qui a payé l’avion privé ? L’informant a indiqué n’en avoir pas les moyens, qu’il fallait demander au RIB.

Le procès reprend le 10 mars.

Objections rejetées

Ce 10 mars, la Haute Cour de Kigali pour les crimes internationaux et frontaliers a rejeté les objections de Paul Rusesabagina. Il avait fait valoir qu’il ne pouvait être jugé par un tribunal rwandais parce qu’il était belge et parce qu’il avait été “enlevé” pour parvenir devant la justice rwandaise.

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