Rwanda: un opposant tué en Afrique du Sud: banditisme ou crime politique?

Rwanda: un opposant tué en Afrique du Sud: banditisme ou crime politique?

Un responsable en Afrique du Sud du groupe armé RNC (Rwanda National Congress) a été tué par balles dans l’un des plus dangereux townships du pays. Le RNC laisse entendre qu’il pourrait s’agir d’un crime politique. Le RNC a été créé aux Etats-Unis en 2010; il est formé d’anciens militaires du FPR (Front patriotique rwandais, au pouvoir à Kigali) en désaccord avec Paul Kagame et organise des attaques armées contre le Rwanda.

Seif Bamporiki, 49 ans, a été abattu par balles dans le township de Nyanga. Vendeur de lits, il y attendait, en compagnie d’un autre homme – prêteur sur gages, selon l’AFP – un client parti chercher de l’argent pour payer le meuble. Durant leur attente, ils ont été attaqués par deux hommes armés. Selon la police sud-africaine, citée par la BBC, Bamporiki a été extrait de force de son pick-up avant d’être abattu, tandis que son compagnon réussissait à s’enfuir. Les assaillants sont ensuite partis avec la camionnette, le téléphone et l’argent de la victime.

Selon la police, il s’agit de banditisme. Nyanga est l’un des townships les plus dangereux d’Afrique du Sud, un des plus anciens du Cap.

Crime politique ou non?

Selon la BBC, le porte-parole du RNC, Etienne Mutabazi, affirme cependant que Bamporiki a été abattu d’un seul tir, tiré par la fenêtre du véhicule. Un crime politique? M. Mutabazi a dit à la BBC qu’il l’ignorait.

Un des fondateurs du RNC, Patrick Karegeya, ex-chef des services de renseignements rwandais, avait en effet été assassiné en Afrique du Sud en 2013. Et, en 2010, l’ex-chef d’état major rwandais, le général Faustin Kayumba Nyamwasa, lui aussi membre du RNC à l’époque (depuis, le mouvement s’est scindé), avait échappé à une tentative d’assassinat dans le même pays.

Avec l’AFP, le porte-parole du RNC a été beaucoup plus affirmatif: le meurtre « a été exécuté avec pour modus operandi d’attirer la victime dans un milieu risqué et dangereux pour l’assassiner », a-t-il estimé. Le client était venu samedi au magasin « pour dire que seul Bamporiki pouvait le servir », assure-t-il.

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