RDCongo: forte augmentation des cas de peste en Ituri

RDCongo: forte augmentation des cas de peste en Ituri

Au nord-est du Congo, la province de l’Ituri est située largement en zone de forêt pluvieuse, propice à la prolifération des rats, dont les serpents ne suffisent pas toujours à réguler le nombre. La peste y est endémique, ce qui fait du Congo un des trois pays au monde où la maladie fait le plus de victimes, avec Madagascar et le Pérou. Au cours des vingt dernières années, 44 000 cas ont été signalés à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) par un total de 26 pays.

Le ministre provincial de la Santé en Ituri, Patrick Karamura, a indiqué à l’AFP qu’en quelques mois, 520 cas avaient été détectés, qui ont débouché sur “plus de 31 morts”. La principale zone de contagion est le territoire d’Aru. Selon l’épidémiologiste Anne Laudisoit, de l’ONG américaine Ecohealth Alliance, citée par Jeune Afrique, la maladie frappe des personnes entre 3 et 73 ans.

La première alerte a été donnée à la mi-novembre. Cela a commencé, selon la Dr Laudisoit, par “une mortalité massive des rats, ce qui est vraiment indicateur de la peste”. A la mort du rat, les puces qu’il porte cherchent un autre hôte pour vivre de son sang; elles sont alors nombreuses à piquer les humains, leur transmettant la maladie.

Des antibiotiques, oui, mais où?

Celle-ci peut-être soignée par antibiotiques et un vaccin existe, utilisé par les personnes à risque; encore faut-il y avoir accès. Or la région, comme beaucoup d’autres au Congo, a peu d’infrastructures médicales et encore moins en état de fonctionnement satisfaisant.

La majorité des cas en Ituri sont des malades de la peste bubonique et deux personnes ont la variante septicémique; elles sont transmises par les rats. Cette maladie peut dégénérer en peste pulmonaire, transmissible d’homme à homme par le souffle. Selon le Dr Karamura, il y a 5 cas de peste pulmonaire.

Ces dernières années, on a assisté à plusieurs reprises à des poussées du nombre de cas de peste en Ituri. Elles étaient associées à des déplacements de population dus à la violence. La population déplacée dort en effet sur le sol en brousse ou dans des abris précaires; au sol, elles entrent plus facilement en contact avec les rats qui prolifèrent dans la région et donc avec leurs puces.

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