Ouganda: des soldats condamnés pour avoir frappé des journalistes

Ouganda: des soldats condamnés pour avoir frappé des journalistes

Six soldats ougandais ont été condamnés jeudi à des peines de prison par un tribunal militaire, après avoir violemment frappé la veille des journalistes qui couvraient un déplacement du leader de l’opposition Bobi Wine. Les journalistes ont été blessés lorsque des soldats ont violemment dispersé des partisans de M. Wine réunis devant le bureau des Nations Unies à Kampala, où l’ancien chanteur s’était rendu pour déposer une requête dénonçant des violations des droits de l’homme lors de la récente période électorale.

Un des journalistes est toujours hospitalisé, en raison d’une profonde blessure à la tête, selon une association de journalistes ougandais, l’Uganda Editor’s Guild.

Bobi Wine, ancien chanteur de 38 ans et principal concurrent du président Yoweri Museveni lors de l’élection présidentielle de janvier, affirme que le scrutin était truqué. Selon les résultats officiels, M. Museveni a récolté 58,4% des voix, contre 35,1% pour Bobi Wine.

Sa requête auprès de l’Onu détaille des abus supposés, parmi lesquels des détentions, de la torture ou des disparitions forcées et de la répression contre l’opposition.

Dans un communiqué jeudi, l’armée a annoncé qu’une commission disciplinaire de la cour martiale « s’était réuni et avait délibéré » au sujet de sept officiers qui « se sont mal comportés et ont agressé des membres du quatrième pouvoir. »

Six d’entre eux ont été condamnés à une période de détention allant de 60 à 90 jours, et un septième a reçu « une réprimande sévère ».

Jeudi, le chef de l’armée, David Muhoozi, a tenu une conférence de presse pour s’excuser devant les médias, promettant de payer pour les soins des journalistes blessés.

Les journalistes ougandais font régulièrement face au comportement rude des forces de l’ordre, qui a empiré lors de la dernière campagne électorale.

Quelques jours avant le scrutin, le chef de la police Martin Ochola, interrogé sur les agressions de journalistes, avait déclaré agir « pour leur bien » parce qu’ils se rendaient dans des endroits dangereux, et refusé de présenter des excuses.

La directrice des Nations unies en Ouganda, Rosa Malango, a condamné l’attaque, déplorant « l’usage excessif de la force » par la police.

L’ambassadrice américaine en Ouganda, Natalie Brown, a de son côté déclaré que « ceux qui violent le droit de la presse doivent rendre des comptes ».

L’incident a également été largement condamné dans les médias et par la société civile.

« Nous notons avec inquiétude que les attaques contre les journalistes qui ont commencé pendant la campagne électorale des élections présidentielles continuent et semblent être devenues une norme » pour les forces armées, a déclaré dans un communiqué la Fédération des journalistes africains (FAJ).

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