Macron ne diminue pas (encore) ses effectifs militaires au Sahel

Macron ne diminue pas (encore) ses effectifs militaires au Sahel

La France ne compte pas réduire « dans l’immédiat » les effectifs de son opération antijihadiste au Sahel, baptisée « Barkhane », a affirmé mardi le président Emmanuel Macron, tout en ouvrant la voie à une baisse progressive de la présence militaire française. En janvier dernier, la ministre française des Armées, Florence Parly, avait laissé entendre le contraire.

« Des évolutions sans doute significatives seront apportées à notre dispositif militaire au Sahel en temps voulu mais elles n’interviendront pas dans l’immédiat », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Paris, à l’issue du sommet du G5 Sahel à N’Djamena, auquel il a participé par visioconférence.

« Alignement favorable »

« Il serait paradoxal d’affaiblir notre dispositif au moment où nous disposons d’un alignement politique et militaire favorable à la réalisation de nos objectifs », a fait valoir le président français, alors que Paris envisageait il y a encore quelques semaines d’amorcer un retrait dès ce début d’année en rappelant les 600 soldats envoyés en renfort au Sahel il y a un an. La force Barkhane compte pour l’instant 5100 hommes.

« Retirer massivement les hommes, qui est un schéma que j’ai étudié, serait une erreur », a-t-il ajouté. Mais « dans la durée et au delà de l’été, je souhaite qu’on travaille avec nos partenaires pour une évolution de notre présence », ininterrompue depuis huit ans au Sahel, a-t-il insisté.

Les Européens pas chauds

Paris voudrait se sortir du bourbier sahélien et compte sur une force européenne, baptisée « Takuba », pour y parvenir. Mais les Européens sont peu enclins à se rallier au projet français et seules quelques dizaines de soldats lituaniens sont sur le terrain; des Grecs, des Tchèques et des Suédois sont attendus pour le courant de cette année…

https://afrique.lalibre.be/57084/afrique-la-france-cherche-a-sortir-du-bourbier-sahelien/

« Notre objectif c’est d’arriver à 2.000 hommes sur Takuba, avec un pilier français autour de 500 hommes, dans la durée, et une coopération avec les armées de la région, avec plusieurs emprises mais à chaque fois en appui, avec des militaires qui seraient là dans la durée aux côtés des militaires sahéliens, ce qui est une logique différente de celle des opex » (opérations extérieures), a indiqué Emmanuel Macron. « Nous ne le ferons pas tout de suite mais c’est ainsi que je me projette dans la durée », a-t-il affirmé.

Cette déclaration indique-t-elle un abandon de l’espoir français de voir les armées sahéliennes (Tchad, Niger, Burkina Faso, Sénégal, Mauritanie) du « G5 Sahel » atteindre un jour un niveau suffisant pour défendre elles-mêmes le Sahel contre les attaques djihadistes?

Une nouvelle réunion des chefs d’Etat du G5 Sahel aura lieu au printemps et un sommet est prévu « avant l’été » , a précisé M. Macron.

https://afrique.lalibre.be/46202/en-librairie-la-guerre-perdue-de-la-france-au-sahel/

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