Ethiopie: manifestation au Tigré contre Addis Abeba: un mort au moins

Ethiopie: manifestation au Tigré contre Addis Abeba: un mort au moins

Alors que des chefs religieux d’Addis Abeba étaient annoncés mardi à Mekelle, capitale de la province rebelle du Tigré (nord de l’Ethiopie), pour aider à ramener le calme trois mois et demi après le début des hostilités armées, de nombreux commerces de la ville avaient fermé leurs portes pour montrer leur colère contre le pouvoir central. Des manifestants hostiles à l’autorité du Premier ministre Ahmed Abiy ont monté des barricades de pierres et pneux enflammés, tandis que les forces de l’ordre tiraient à balles réelles. On compte au moins un mort et plusieurs blessés, selon l’AFP.

Les Tigréens (6% de la population éthiopienne) sont horrifiés par la répression de leur rébellion contre l’autorité d’Addis Abeba, rébellion qui intervient après qu’ils aient été écartés du pouvoir central qu’ils ont dominé pendant près de 30 ans.

De nombreuses exactions ont été commises par l’armée nationale et principalement, semble-t-il, par ses alliés: l’armée de l’Erythrée voisine – que les rbelles tigréens avaient bombardée en novembre dans l’espoir d’internationaliser le conflit – et les milices de la province voisine d’Amhara. Ces dernières entendent récupérer cinq districts annexés par le Tigré au temps de sa toute-puissance au sein du pouvoir central et se vengent de la répression infligée durant près de 30 ans à tous ceux qui relevaient la tête sous le joug tigréen.

Propice à la guérilla

L’offensive militaire d’Addis Abeba au Tigré a permis d’arrêter quelques-uns des leaders politiques de la rébellion tigréenne, tandis que d’autres ont été tués. Mais pas le président séditieux de la province, Debretsion Gebremichael, ni ses chefs militaires, qui ont pris le maquis. Addis Abeba a mis leur tête à prix: 250.000 dollars à qui permettra de les capturer.

Le centre du Tigré est très montagneux, un paysage particulièrement propice à une longue guerre de guérilla que laisse présager le passé des dirigeants rebelles, largement soutenus par la population tigréenne. La répression indiscriminée de celle-ci ne peut que pousser les jeunes gens à rejoindre les rebelles, alors que ces derniers appellent à lutter “contre l’envahisseur”.

On s’interroge par ailleurs sur la manière dont Addis Abeba va pouvoir remercier l’Erythrée pour son intervention armée à ses côtés – et lui faire regagner son territoire.

Que pensez-vous de cet article?

Derniers Articles

Journalistes

Dernières Vidéos