Diplomatie pour les nuls: les Congolais inventent les plénières hors session

Diplomatie pour les nuls: les Congolais inventent les plénières hors session

Commentaire par Marie-France Cros.

On sait les Congolais créatifs. Si ce talent qu’on leur reconnaît fait quasiment l’unanimité dans les arts, il provoque des haussements de sourcil en politique. Il en ira sans doute de même avec la nouvelle invention du jour: une séance plénière du Sénat en dehors de toute session parlementaire!

Ce mardi a en effet donné lieu à une séance de « remise-reprise » entre le bureau sortant du Sénat avec le « bureau d’âge » nommé (illégalement) la semaine dernière et une « plénière » convoquée pour y assister. Une plénière de quoi? Beaucoup se le demandent puisque la session ordinaire du Sénat a été clôturée le 15 décembre et qu’une session extraordinaire a été ouverte le 2 février au matin et clôturée le même soir. Aucune autre session extraordinaire n’a été convoquée ni autorisée par la Cour constitutionnelle.

 Mais là ne s’arrêtent pas les déboires du Sénat congolais.

On sait que des pétitions en vue de destitution avaient été déposées contre 6 des 7 membres du bureau Thambwé et que les visés ont démissionné sans attendre le vote. Le 7ème n’est autre que le premier vice-président Samy Badibanga. On se souvient que, membre de l’UDPS, il avait écouté le chant de sirène de Joseph Kabila pour se rallier et devenir Premier ministre de celui qui s’incrustait alors au pouvoir au-delà des termes constitutionnels – et qui l’avait renvoyé quatre mois et demi plus tard au profit de Bruno Tshibala.

Si vous n’avez pas suivi tous les changements de « convictions » politiques de Samy Badibanga, personne ne vous en voudra d’avoir regardé ailleurs: à force de retourner sa veste, celle-ci cède aux coutures et n’est plus présentable. Aux dernières nouvelles, cependant, le premier vice-président du Sénat avait fait lui aussi l’objet d’une pétition de destitution, de la part de la coalition kabiliste FCC, mais avait conservé assez d’amis au sein de celle-ci pour que plusieurs des signataires signent deux fois et rendent ainsi la pétition invalide. Quelle chance pour Samy! Le voici seul survivant du bureau Thambwé.

La sénatrice Victorine Lwese – Madame Evariste Boshab à la ville – a déposé mardi une seconde pétition pour destituer Samy Badibanga, alors qu’un de ses défenseurs assure que le règlement d’ordre intérieur « ne permet pas le dépôt de plus d’une pétititon contre une même personne au cours d’une même session ». De quelle session s’agit-il?

Mais qui s’occuperait de pareils « détails » alors que se répand la rumeur que Samy Badibanga vise le perchoir du Sénat?

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