RDCongo: « Sauts de mouton »: 20 ans de prison pour David Blattner

RDCongo: « Sauts de mouton »:  20 ans de prison pour David Blattner

La Cour d’appel de Kinshasa a condamné lundi l’Américain David Blattner à 20 ans de travaux forcés pour des malversations dans l’exécution du « saut de mouton » (pont au-dessus d’un carrefour) de l’UPN à Kinshasa. Il devra aussi restituer 832.499,61 dollars et verser à l’Etat un million de dollars en dommages et intérêts, rapporte Politico.

L’affaire fait partie des scandales du « Programme des 100 jours » du président Félix Tshisekedi. Entre son accession à la Présidence, en janvier 2019, et la constitution d’un gouvernement, en septembre de la même année, le chef de l’Etat avait agi à la place du gouvernement et lancé un programme de travaux; ceux-ci ont toutefois, à plusieurs reprises, été attribués de gré à gré au lieu de suivre une procédure d’appel d’offres, comme le prévoit la loi.

De mauvais augure pour Kamerhe?

C’est dans le même cadre qu’est « tombé » Vital Kamerhe, alors directeur de cabinet du chef de l’Etat. L’allié de Félix Tshisekedi a été condamné en juin dernier à 20 ans de travaux forcés en première instance et son procès en appel doit débuter ce 15 février. La sentence en appel de David Blattner est-elle de mauvais augure pour lui?

L’Américain est PDG de la compagnie aérienne CAA et de l’entreprise de travaux publics Safricas. Cette dernière avait été chargée de réaliser 4 des 7 « sauts de mouton » prévus par le « Programme des 100 jours » pour Kinshasa mais la construction de deux d’entre eux seulement avait débuté, ce qui avait motivé son arrestation fin 2019. Après trois mois de préventive, il avait été libéré sous caution alors qu’il affirmait que les travaux pour les deux derniers « sauts de mouton » étaient prévus.

Le 20 juillet 2020, le Tribunal de grande instance de La Gombe s’était déclaré incompétent et avait acquitté David Blattner après avoir requalifié son accusation en abus de confiance. Le droit congolais prévoit cette procédure lorsque la peine encourue par l’accusé est plus élevée que le maximum infligeable par la juridiction – soit 5 ans maximum pour un tribunal de grande instance.

Depuis quelques semaines, les Kinois notent une fluidification du trafic, attribuée à ces « sauts de mouton » enfin construits.

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