RDC : Alexis Thambe-Mwamba donne sa version des faits

RDC : Alexis Thambe-Mwamba donne sa version des faits

Alexis Thambwe-Mwamba, plusieurs fois ministre sous l’ère de Joseph Kabila, devenu président du Sénat et de ce fait deuxième personnalité de l’Etat lors de l’arrivée à la présidence de Félix Tshisekedi, a dû jeter l’éponge vendredi 5 février 2021, face à  la motion de censure qui a été déposé et voté par une majorité de sénateurs.

Alexis Thambwe Mwamba n’a jamais oublié qu’il est avocat avant d’être un homme politique. S’il a démissionné vendredi 5 février « considérant d’une part que la confiance n’existe plus entre un groupe des sénateurs et moi-même, et d’autre part, l’installation d’un  Bureau d’âge désormais opérationnel », il n’a pu s’empêcher de rédiger un argumentaire de 5 pages qui démontre, selon lui, les erreurs ou raccourcis tant sur le fond que sur la forme qui ont mené à cette démission.

RDCongo: Alexis Thambwé jette l’éponge et démissionne de la présidence du sénat

Cinq pages (à lire ci-dessous) dans lesquelles il démontre une fois encore le non respect de la Constitution de la République démocratique du Congo et l’interprétation plus que douteuse du règlement d’ordre intérieur de cette institution par les tenants de la présidence de la République et leurs nouveaux amis fraîchement appâtés.

Alexis Thambwe-Mwamba parle d’ « irrégularité de la procédure initiée en violation de la Constitution et du Règlement intérieur ».

Le désormais ancien président de la Chambre haute passe en revue tous les manquements à la Constitution et au règlement intérieur du Sénat.

Il revient ainsi sur le moment où a été déposé la « pétition de déchéance ». « La motion de déchéance relève du contrôle parlementaire, même lorsqu’elle vise les membres du bureau », peut-on lire dans les « conclusions » d ‘ATM. « Elle ne s’exerce que pendant la session soit ordinaire, soit extraordinaire, et pour cette dernière, dans la mesure où la motion est contenue dans l’ordre du jour préétabli de la session ».

Et Maître Thambwe de poursuivre : « C’est en vain que l’on soutient que la motion a priorité sur le débat. Cela revient à confondre la motion en tant qu’incident de procédure et la motion en tant que mécanisme de mise en cause de la responsabilité.
Seule la motion, incident de procédure, a priorité sur le fond. La motion, mécanisme de mise en cause de la responsabilité, relève du contrôle parlementaire… »

Sue le fond, ATM prend le temps de revenir sur les griefs qui lui sont reprochés sous l’intitulé « Relations exécrables avec le autres institutions de la République », démontant un à un les reproches qui lui sont adressés, soulignant qu’il n’a jamais « affiché une attitude irrespectueuse envers le Président de la République, même si l’on était dans un régime de pensée unique… »

Une expression qui reviendra quelques lignes plus loin lorsqu’il aborde et justifie son absence au Sénat lors de la prestation de serment des membres de la cour constitutionnelle. « Assister à la prestation de serment s’analysant à cautionner l’entorse à la Constitution et à la loi organique, j’ai décliné l’invitation à me rendre à cette cérémonie », écrit-il, ajoutant  « Je n’ai pas accusé le président d’avoir violé la Constitution; il n’y a aucune instance que j’ai saisie  pour ce faire. Sauf dans un régime de pensée unique, une telle prise de position ne peut entraîner l’anathème.
Le président du Sénat représente l’institution vis-à-vis des tiers. Il n’a pas besoin de consulter la Conférence des présidents ou la Plénière pour ce faire. Par ailleurs, en déclinant l’invitation, je n’ai invité aucun sénateur à se joindre à moi. »

ATM poursuit en évoquant et en balayant d’un revers de manche légal les autres points qui lui sont reprochés.

Une mise au pont brillante qui se fracasse pourtant sur la nouvelle donne en RDC qui semble autoriser tous les débordements et les viols systématiques des règlements, des lois et de  la Constitution au nom du divorce entre Tshisekedi et Kabila. Le premier bénéficiant d’une impunité totale tant en interne que sur la scène internationale. Une dérive autocratique pour le moins dangereuse.

Alexis Thambwe Mwamba a été invité au Sénat par le président du Bureau d’âge, Léon Mamboleo, ce mardi 9 février à 10 heures pour une séance de remise-reprise.

Lire ici l’argumentaire contre le motion de déchéance ATMwamba

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