RDC : Mbosso vers la présidence de l’Assemblée nationale

RDC : Mbosso vers la présidence de l’Assemblée nationale

« Tout en réaffirmant les observations que j’ai formulées sur la compétence du Bureau d’âge, en tant que républicain, respectueux de la Constitution et des institutions de la République, je me dois de reconnaître la compétence de l’Assemblée nationale à examiner la motion de censure qui m’a été destinée dès lors qu’elle a été signée par 301 députés nationaux”.
Le Premier ministre congolais, un des derniers représentants de l’ère kabiliste encore aux affaires en République démocratique du Congo, n’ira donc pas au bras de fer et n’entraînera pas une crise supplémentaire à la tête d’un pays où la norme s’estompe chaque jour un peu plus. Sylvestre Ilunga Ilunkamba prend donc acte de la motion de censure et va ou devrait présenter sa démission. Le conditionnel ou le futur (que l’on espère simple) est toujours de rigueur. En effet, 24 heures après ce vote, le Premier ministre qui n’était pas présent à l’Assemblée nationale n’a pas été officiellement notifié de ce vote. “J’attends la notification de cette décision pour prendre mes responsabilités conformément à la Constitution”, écrit-il à la fin de son court communiqué.
“Ce n’est pas qu’un signe de respect”, explique un juriste congolais qui poursuit, « c’est le respect de la loi. On a tous compris que le Premier ministre ne s’accrocherait pas. Mais il y a des textes, il faut les respecter sous peine d’ouvrir la porte à l’anarchie qui nous guette.”
Cette démission et l’annonce, mercredi, de l’élection du bureau de l’Assemblée nationale relance l’air des spéculations sur les noms des futurs Premier ministre et président de l’Assemblée nationale et, à travers ces noms, sur les futures équilibres politiques au sein de l’Union sacrée pour la Nation, la grande idée soufflée au président Tshisekedi pour tenter de fédérer autour de sa personne et de se libérer du poids de son parti, l’UDPS. Dans les différents QG contactés ce jeudi, le même casting se dessine pour le bureau de l’Assemblée nationale. Le doyen, Christophe Mboso, qui a géré la crise et obtenu la chute du gouvernement Ilunga, aurait les faveurs du président. L’homme à l’avantage d’être rompu au pouvoir et a priori plus pragmatique qu’idéologique, lui qui fut ministre MPR sous Mobutu, député PPRD sous Kabila et qui a rejoint aujourd’hui les rangs de l’Union sacrée. Jean-Marc Kabund, secrétaire général de l’UDPS s’accrocherait à la vice-présidence, le duo Bemba-Katumbi devant se contenter de la seconde vice-présidence, généralement dévolue à l’opposition. Christophe Mbosso présente aussi l’avantage d’être de l’ouest du pays, ce qui permettrait au président de désigner l’informateur Bahati, issu de l’est, comme Premier ministre en conservant les équilibres géographiques. Ce qui permettrait aussi à Tshisekedi de s’entourer de  politiciens plutôt accommodants.

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