RDC : Le Premier ministre Ilunga tacle le président Tshisekedi

RDC : Le Premier ministre Ilunga tacle le président Tshisekedi

Le Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilukamba ne se présentera que devant le bureau élu de l’Assemblée nationale. Il en profite pour répondre aux critiques qui lui valent cette motion de défiance : la réponse du berger à la bergère.

C’est devenu le nouvel endroit à la mode de Kinshasa. The place to be… or not to be pourrait ajouter le Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilukamba qui ne se présentera toujours pas devant l’Assemblée nationale pour se défendre et assister à la plénière qui doit se prononcer sur la motion de défiance qui a été déposée la semaine dernière contre son gouvernement.

Le souci tient toujours aux limites légales des prérogatives du bureau d’âge, désigné pour gérer les affaires courantes après le vote de censure contre l’ancien bureau effectif dirigé par Jeanine Mabunda.

Mais s’il ne se présentera pas physiquement devant les députés, Sylvestre Ilunga a envoyé un document de douze pages pour répondre aux griefs qui lui étaient reprochés et défendre son action et celle de son exécutif.

Cette réponse écrite est sans conteste autant une réponse aux députés qu’à la sortie du 6 décembre du président de la République Félix Tshisekedi qui avait annoncé ce jour-là le divorce entre sa plateforme politique et celle de son prédécesseur Joseph Kabila qui l’avait pourtant installé sur le trône de la RDC.

Pour Tshisekedi, ce divorce – et donc la chutre du gouvernement – était inévitable et la seule manière d’envisager une gestion enfin efficace de la RDC, toute la responsabilité de la paralysie du pouvoir pendant de ses deux premières années de sa présidence étant due à la mauvaise gestion, la mauvaise volonté et l’incapacité des membres du FCC.

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Sylvestre Ilunga dans sa réponse du jour en profite pour redistribuer les responsabilité au sein de cette coalition. « Loin de moi l’idée de susciter ou d’engager une polémique stérile face à la détermination d’une certaine classe politique décidée de fouler aux pieds, non seulement le règlement intérieur de l’Assemblée nationale, mais aussi et surtout notre loi fondamentale (…) »,  débute-t-il avant de poursuite par ce constat : « Les avancées démocratiques notables enregistrées durant les dernières décennies connaissent depuis peu une nette régression ».

Le Premier ministre répond ensuite aux griefs des députés, il épingle notamment le fait que son gouvernement est né 9 mois après l’investiture du président Tshisekedi. « Nil n’ignore que les finances publiques ont été gérées de manière non orthodoxe. Les dérapages révélés à l’occasion du procès dit « des 100 jours » n’en sont qu’une illustration ». Sylvester Ilunga rappelle aussi qu’l avait tiré la sonnette d’alarme « deux mois avant ma prise de fonctions. Les caisses de l’Etat étaient quasiment vides, les réserves de change érodées et le franc congolais battait de l’aile ».

Le Premier ministre s’étonne aussi faussement du blocage dans l’exécution du programme du gouvernement. « Je rappelle une fois de plus que la quasi-totalité des 52 réunions du conseil des ministres ont été présidées par le président de la République, chef de l’Etat, lequel donnait ses orientations sur bon nombre de dossiers au titre de communications. Ses orientations étaient coulées par la suite sous forme de décisions du conseil.

Sylvestre Ilunga s’étonne enfin que « il y a à peine un mois, l’Assemblée nationale avait voté massivement, avec plus de 380 voix, la loi de Finances pour l’exercice 2021. Par cet acte, nos honorables Députés nationaux apportaient un soutien exceptionnel au gouvernement de la République. Voilà qu’aujourd’hui, certains députés reviennent à la charge pour adresser une motion de censure au même gouvernement… »

Ce qui permet au chef de gouvernement de poursuivre : « la fameuse motion de censure contre mon gouvernement n’est qu’une manoeuvre politicienne sans fondement factuel et au mépris des exigences de l’Etat de droit.

Une réponse cinglante et combattive qui ne fait qu’enfoncer les institutions congolaises dans une crise profonde.

Lire la réponse complète du Premier ministre 

Parallèlement à cette réponse, le bureau d’âge a annoncé l’organisation des élections pour mettre en place un bureau effectif d’ici le 3 février. Le calendrier est serré. Dès ce jeudi 28 janvier, les candidats à ce bureau doivent déposer leur candidature.

Ces candidatures seront examinées le vendredi 29. Les auditions des candidats se dérouleront les lundi 01 février et mardi 02. Les élections et l’installation du bureau auront lieu le mercredi 3 février.

La motion de censure contre le Premier ministre et son bureau devraient donc être gelée d’ici là.

Qui succédera à Jeanine Mabunda ? Les négociations sont intenses. La ligne de Jean-Marc Kabund prévoyait de donner la présidence de l’Assemblée nationale à un(e) député(e) issu(e) du FCC. Le fameux prix de la trahison. La vice-présidence allant à l’UDPS. Le même Kabund se profilait pour ce poste qu’il avait déjà occupé au début de la présidence Mabunda avant d’en être chassé. Le front Katumbi-Bemba se verrait, ans ce scénario, recevoir la deuxième vice-présidence, un strapontin généralement dévolu à l’opposition.
Dans le dernier scénario sur la table, il faudrait idéalement que cette présidence revienne à un candidat de l’ouest du pays. La présidence étant occupé par un homme du centre (Tshisekedi – Kasaï), tandis que le poste de Premier ministre devrait revenir à Bahati (est-Kivu).

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