RDC : Motion de défiance, « Le Premier ministre ne répondra pas à la convocation du Bureau d’âge »

RDC : Motion de défiance, « Le Premier ministre ne répondra pas à la convocation du Bureau d’âge »

Par Hubert Leclercq

Sylvestre Ilunga Ilukamba est attendu mardi devant l’Assemblée nationale.

Ira, ira pas ? L’un des derniers bastions du pouvoir kabiliste, le gouvernement du Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilukamba, est sous le coup d’une motion de défiance votée vendredi soir par 301 voix sur les 500 membres que compte l’Assemblée nationale.

Le Premier ministre a été convoqué par le président du “Bureau d’âge” qui dirige les travaux de l’Assemblée nationale depuis que le précédent bureau, de plein exercice celui-la, dirigé par Jeanine Mabunda, a été démis lors d’un précédent vote des députés au début du mois de décembre 2020.

RDC : Tshisekedi, deux ans de pouvoir et de crises

Sylvestre Ilunga Ilukamba est attendu le 26 janvier à 13 heures, explique dans son courrier le député Mboso, qui fait office de président de l’Assemblée nationale ad interim.

Pour Félix Tshisekedi, qui célébrait ce dimanche les deux années à la présidence de la République démocratique du Congo, le symbole est de taille. Placé sur le trône congolais suite à un accord signé avec Joseph Kabila, l’homme serait ainsi parvenu à se débarrasser du carcan imaginé et mis en place par son prédécesseur pour conserver, de facto, les rênes du pouvoir.

Encore faut-il que le Premier ministre daigne se plier à cette injonction qui lui est adressée par un organe qui ne dispose pas de la qualité légale pour mener à bien cette mission. Ce Bureau d’âge étant, selon le règlement d’ordre intérieur de la Chambre, très limité dans ses prérogatives.

« Mais le bureau d’âge est soutenu par une majorité des députés », explique un membre de Cach. « Le Premier ministre ne peut se moquer de l’Assemblée nationale ».

« Il n’ira pas », rétorque un membre du FCC demeuré fidèle à sa formation. « Il n’a aucune raison d’y aller, cette convocation et tout le scénario que nous vivons est absolument illégal. Il faudrait être masochiste pour accepter d’aller se faire ridiculiser dans une mascarade illégale qui a simplement pour but de le faire tomber. »

Si le Premier ministre devait refuser de se présenter, il ouvrirait une crise politique qui pourrait aboutir soit à la dissolution de l’Assemblée nationale (Art 148 de la Constitution), soit à des poursuites orchestrées par le Congrès (Assemblée nationale et Sénat réunis – Art 163 à 167 de la Constitution) contre le chef du gouvernement.

Un scénario chaotique qui serait assez désastreux pour un président congolais qui doit prendre la présidence tournante de l’Union africaine au début du mois de février.

A moins, évidemment, que le pouvoir en place ne se décide à contourner la Constitution, les lois et les règlements…

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