RDC: appel à la réconciliation, 20 ans après l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila

RDC: appel à la réconciliation, 20 ans après l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila

L’archevêque de Kinshasa, le cardinal Fridolin Ambongo, a appelé samedi « à la réconciliation et au pardon » en République démocratique du Congo (RDC), à l’occasion du 20e anniversaire de l’assassinat du président Laurent-Désiré Kabila, quelques jours après la libération de ses assassins, graciés par l’actuel chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. A Kinshasa, des centaines de personnes se sont réunies à la cathédrale catholique afin de « prier pour le repos de l’âme de Laurent-Désiré Kabila, pour sa famille, pour la nation congolaise toute entière qu’il a aimé et servi jusqu’à sa mort », a déclaré le prélat.

L’assassinat de Laurent-Désiré Kabila « a été une source de déchirement pour sa famille (…) et pour la nation congolaise toute entière (…) ça été un moment de déchirement et d’incertitude », a rappelé l’archevêque de Kinshasa dans son homélie.

Dans ce contexte, il était « normal d’établir les responsabilités et d’appliquer la justice vis-à-vis des coupables », a-t-il ajouté en présence d’Olive Lembe, épouse de l’ex-président Joseph Kabila Kabange, fils du président assassiné auquel il avait succédé.

Chef rebelle tombeur du maréchal Mobutu Sese Seko en mai 1997, Laurent-Désiré Kabila a été assassiné le 16 janvier 2001 dans son bureau par l’un de ses gardes du corps, Rashidi Muzele, tué sur le champ par un aide de camp du chef de l’Etat, le colonel Eddy Kapend Irung.

En janvier 2003, 39 personnes ont été condamnées à mort pour l’assassinat du « Mzee » (le « vieux » en swahili, surnom de Kabila père), dont le colonel Kapend. A la clôture du procès, le tribunal militaire avait conclu qu’il fallait « continuer les enquêtes » sur cette affaire. Cette même année un moratoire sur la peine de mort a été décrété.

Le 31 décembre, M. Tshisekedi a gracié les 23 condamnés emprisonnés et encore en vie, lesquels ont été libérés quelques jours plus tard.

Interrogés à leur sortie de prison, certains ont plaidé pour la réouverture du procès, afin d’être innocentés et réhabilités.

Mgr Ambongo a « remercié » le président Tshisekedi « pour la mesure de grâce qu’il vient de leur accorder », assurant qu’il l’avait « fait en accord avec la famille de l’illustre disparu ».

« Ce geste hautement significatif ouvre la possibilité d’envisager autrement l’avenir », a-t-il ajouté.

L’archevêque de Kinshasa a exhorté les proches du feu président et ceux qui étaient condamnés dans cette affaire « à la réconciliation et au pardon » pour « un nouveau départ ».

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