La RDC a « violé le droit à la vie » d’un défenseur des droits humains

La RDC a « violé le droit à la vie » d’un défenseur des droits humains

La République démocratique du Congo (RDC) a « violé le droit à la vie » du militant Pascal Kabungulu, assassiné en 2005, a estimé mercredi un comité d’experts indépendants de l’ONU, appelant à la poursuite de « l’instruction et de la procédure pénale » sur ce meurtre. Pascal Kabungulu Kibembi, journaliste de formation et défenseur reconnu des droits humains a été assassiné le 31 juillet 2005 par trois hommes armés d’une balle dans la tête, chez lui à Bukavu, dans l’est de la RDC, devant son épouse et ses enfants.

« Après plus de 15 ans de démarches judiciaires et politiques, aucune décision n’a été délivrée sur le fond du procès pénal », souligne le Comité des droit de l’Homme de l’ONU dans un communiqué publié à Genève.

Le Comité des droits de l’Homme de l’ONU est un organe composé d’ experts indépendants, qui surveille la mise en oeuvre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques par les Etats parties.

Face à l’inaction des autorités et instances judiciaires de RDC, la famille de Pascal Kabungulu s’est tourné vers le comité en 2016.

« Nous regrettons l’absence de coopération de la République démocratique du Congo pour élucider les faits et rendre justice à sa famille. L’inaction des autorités dans un cas si flagrant d’exécution extrajudiciaire est extrêmement préoccupant », indique Yadh Ben Achour, membre du Comité.

Celui-ci appelle la RDC « à poursuivre d’une manière rapide, efficace, exhaustive, indépendante, impartiale et transparente l’instruction et la procédure pénale sur le meurtre de Pascal Kabungulu et de fournir à sa famille une indemnité adéquate ».

Plusieurs militaires ont été arrêtés dans cette affaire mais la veuve et les enfants de la victime, menacés, ont fui la RDC. Ils ont obtenu le statut de réfugiés et se sont installés au Canada en 2006, rappelle le Comité.

L’assassinat de Pascal Kabungulu Kibembi avait été vivement dénoncé par les organisations de défense des droits humains et avait soulevé une vague de protestations à Bukavu, capitale de la province du Sud-Kivu, où plusieurs groupes armés sévissent depuis près de trois décennies.

« Je n’ai pas des commentaires à faire, si ce n’est à en prendre acte et saluer (…) la mémoire de l’illustre disparu arraché à l’affection des siens, pour une cause désintéressée », a réagi auprès de l’AFP le ministre congolais des Droits humains, André Lite, interrogé au sujet du communiqué du comité.

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