Burundi: Deux années de terreur

Burundi: Deux années de terreur

La FIDH (Fédération des Ligues des droits de l’homme) dresse, avec ses partenaires burundais, un tableau alarmant du Burundi un peu plus de deux ans après  le déclenchement de la crise provoquée par l’obstination du président Pierre Nkurunziza à se maintenair au pouvoir pour un troisième mandat de cinq ans, malgré l’interdiction expresse de dépasser dix ans faite par l’Accord de paix d’Arusha. Elle appelle la communauté internationale à « agir sans délai ».

La crise a fait au moins 1200 tués, de 400 à 900 disparus, des centaines – voire des milliers – de personnes torturées et plus de 10 000 détenues arbitrairement ainsi que plus de 400 000 réfugiés dans les pays voisins, détaille le rapport, intitulé « Le Burundi au bord du gouffre: retour sur deux années de terreur ».

Fuite en avant des autorités

La FIDH montre la fuite en avant des autorités burundaises en matière de répression, qui touche toutes les composantes de l’appareil d’Etat et de la société civile, notamment en accentuant le rôle de la milice du parti au pouvoir – devenu de facto parti unique – les Imbonerakure, « fer de lance du régime ». Cette milice subi une radicalisation idéologique de plus en plus forte, souligne le rapport, parallèlement à une militarisation et une institutionnalisation accrue.

Le discours du parti présidentiel, le CNDD-FDD, devient, parallèlement, « de plus en plus guerrier et paranoïaque », s’alarme encore la FIDH. Les médias indépendants sont censurés ou bloqués. Les opposants politiques sont systématiquement traqués, persécutés, fréquemment assassinés. Les défenseurs des droits humains et les journalistes indépendants muselés. L’armée est l’objet d’une campagne de purge et d’élimination exacerbant les tensions politico-ethniques au sein de ce corps profondément divisé.

La CPI doit ouvrir une enquête

La FIDH demande à la Cour pénale internationale d’ouvrir « dans les plus brefs délais » une enquête sur les crimes commis au Burundi depuis avril 2015. Et à l’Onu et l’Union africaine de coordonner leurs efforts pour protéger les civils, relancer le dialogue politique, imposer un embargo sur les armes à destination du Burundi et adopter des sanctions individuelles contre « des responsables burundais et tout individu contribuant aux violences et/ou entravant la reprise du processus de dialogue politique ».

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