RDC: l’ex-aide de camp de Laurent-Désiré Kabila bénéficie d’une grâce présidentielle

RDC: l’ex-aide de camp de Laurent-Désiré Kabila bénéficie d’une grâce présidentielle

L’ex-aide de camp du président congolais Laurent-Désiré Kabila, assassiné en janvier 2001, Eddy Kapend Irung, et certains de ses coaccusés condamnés à mort pour cet assassinat ont bénéficié d’une grâce présidentielle et devraient être libérés tout prochainement, a rapporté samedi la presse kinoise. Le colonel Kapend avait été condamné à mort en janvier 2003, tout comme 29 autres prévenus pour « attentat, tentative de coup d’Etat, complot, association de malfaiteurs, disparition d’armes de guerre, abandon de poste, trahison ». Ce verdict, qui n’était pas susceptible d’appel, avait été rendu par la Cour d’ordre militaire (COM) congolaise, une juridiction aujourd’hui disparue, au terme d’un procès de neuf mois.

La peine de mort n’est pas exécutée en République démocratique du Congo (RDC), mais elle est commuée en prison à perpétuité.

Selon une ordonnance lue vendredi à la Radio-télévision nationale congolaise (RTNC), les condamnés ayant purgé au moins vingt ans de leurs peines d’emprisonnement sont éligibles à la grâce décrétée par le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Ces mesures de grâce collective ne concernent pas des cas des condamnés fugitifs, de crimes contre l’humanité et la paix, ou encore les violences sexuelles, la corruption, la concussion et l’atteinte à la sûreté de l’Etat, précise l’ordonnance.

Selon le directeur adjoint de la presse présidentielle, il s’agit d’une ordonnance de portée générale ayant un caractère impersonnel. Elle ne vise pas un individu ou un groupe d’individus, mais celui qui remplit les critères définis dans cette ordonnance.

Le colonel Kapend et les autres personnes ayant bénéficié de cette grâce ne pourront toutefois quitter la prison de Makala (le Centre pénitencier et de rééducation de Kinshasa, CPRK) qu’après la signature des arrêtés de libération par le vice-ministre de la Justice, Bernard Takahishe Ngumbi, soulignait samedi le média en ligne Actualité.cd.

D’autres condamnés ont déjà bénéficié de mesures de grâce, dont cinq le 30 juin dernier, à l’occasion du 60e anniversaire de l’indépendance de la RDC, alors que plusieurs sont aussi décédés en détention.

Considéré comme un prisonnier politique par plusieurs ONG, dont l’Association Africaine de défense des droits de l’Homme (Asadho), Eddy Kapend a toujours clamé son innocence.

Laurent-Désiré Kabila, un ex-rebelle, avait pris le pouvoir en renversant le chef de l’Etat zaïrois, le maréchal Mobutu Sese Seko, le 17 mai 1887.

Surnommé « Mzee », il avait été assassiné le 16 janvier 2001 au Palais de Marbre de Kinshasa de trois coups de feu tirés par un de ses jeunes gardes du corps, Rashidi Muzele, lui-même abattu dans les minutes qui ont suivi par son chef d’état-major particulier et aide de camp, Eddy Kapend.

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