Guinée-Bissau: des médias portugais suspendus, Lisbonne proteste

Guinée-Bissau: des médias portugais suspendus, Lisbonne proteste

Lisbonne proteste ajoute l’annonce par la Guinée-Bissau que Lusa n’est finalement pas concernée par cette suspension.

Les autorités de Guinée-Bissau ont suspendu vendredi les activités d’une partie des médias portugais sur l’ensemble du territoire national, a annoncé le ministre de la Communication Victor Pereira, suscitant les vives protestations de Lisbonne.

  1. Pereira a justifié cette mesure, qui concerne la radiotélévision RTP et la radio publique RDP, par le non-respect, selon lui, d’accords bilatéraux par le Portugal.

L’agence de presse Lusa, qui était dans un premier temps également visée par cette suspension, y échappera finalement. « Il ne serait pas juste de mêler Lusa » à la situation de la RTP et de la RDP, a annoncé vendredi soir le ministre dans une déclaration à Lusa.

« Les activités de RTP, RDP et Lusa sont suspendues à compter de ce jour (vendredi) jusqu’à nouvel ordre », avait-il déclaré quelques heures auparavant, citant un document officiel.

« L’accord était caduc depuis plusieurs années et devait être revu avant l’expiration du délai que nous avions fixé (au 30 juin). Cela fait 14 ans que nous avions demandé la révision du mémorandum d’entente, mais les Portugais ont toujours fait la sourde oreille », a-t-il affirmé.

« La suspension ne sera levée que si les autorités portugaises jugent nécessaire que nous nous mettions à table pour renégocier les accords », a-t-il prévenu.

Les accords prévoient l’installation à Bissau d’une délégation de la RTP, la formation de techniciens et journalistes bissau-guinéens, ainsi que des échanges de programmes.

Mais selon des sources politiques, le président bissau-guinéen José Mario Vaz et son gouvernement soupçonnent le Portugal de favoriser la direction du parti au pouvoir dans la crise qui oppose ce parti au chef de l’Etat, et accusent les médias portugais de donner surtout la parole à leurs adversaires.

« C’est une atteinte à la liberté d’expression et la liberté de la presse », a réagi vendredi dans un communiqué le ministère portugais des Affaires étrangères, qui a convoqué l’ambassadeur de Guinée-Bissau au Portugal pour lui faire part de « la gravité de la situation ».

Le gouvernement portugais a fait valoir qu’il « n’exerce aucun contrôle éditorial sur RTP, RDP et Lusa », soulignant que ces médias « agissent avec la même indépendance et impartialité à Bissau comme dans tous les pays où ils sont présents ».

« Ce genre d’ultimatums est inacceptable, surtout quand il s’agit de deux pays liés par des liens étroits, comme le Portugal et la Guinée-Bissau », a protesté le ministère portugais des Affaires étrangères.

La Guinée-Bissau, ancienne colonie portugaise d’Afrique de l’Ouest, traverse des turbulences politiques depuis la destitution en août 2015 par le président Vaz de son Premier ministre Domingos Simoes Pereira, chef du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC, au pouvoir), auquel tous deux appartiennent.

Que pensez-vous de cet article?

Soyez la première personne à évaluer cet article.