Ouganda: liberté sous caution pour une figure de la société civile

Ouganda: liberté sous caution pour une figure de la société civile

Un tribunal de Kampala a remis jeudi en liberté sous caution un célèbre avocat ougandais et défenseur des droits humains, Nicholas Opiyo, inculpé de « blanchiment », des poursuites que beaucoup estiment liées à la présidentielle prévue en janvier. Fondateur et directeur de l’ONG Chapter Four, très active en Ouganda dans la défense des libertés civiles, M. Opiyo est l’avocat de nombreux militants des droits humains ou de la cause homosexuelle, ainsi que du très populaire chanteur et député Bobi Wine, 38 ans, principal adversaire à cette présidentielle de Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986.

Opiyo, 40 ans, a été inculpé le 24 décembre de blanchiment d’argent pour avoir reçu sur le compte bancaire de Chapter Four un don de 340.000 dollars « en ayant connaissance (…) que ces fonds étaient le produit d’un crime », selon l’acte d’accusation qui ne précise ni l’origine de cet argent ni à quelle infraction il serait lié.

Mercredi, plusieurs rapporteurs spéciaux de l’ONU sur les Droits humains ont dénoncé des « chefs d’accusations fictifs » et des poursuites « semblant uniquement liées au contexte électoral » en Ouganda.

Jeudi, M. Opiyo a comparu devant un tribunal de Kampala par vidéo, depuis la prison, située à une cinquantaine de km de la capitale, dans laquelle il est incarcéré depuis qu’il a été arrêté le 22 décembre en compagnie de trois autres avocats et d’un membre du parti de M. Wine, tous relâchés ensuite sans inculpation.

La juge Jane Okuo Kajuga a rejeté la demande du Parquet de maintenir M. Opiyo en détention et l’a remis en liberté contre une caution équivalente à 3.300 euros. Des représentants de la société civile ougandaise et des diplomates des Etats-Unis et de plusieurs pays européens ont assisté à l’audience.

« Les Etats-Unis sont inquiets des récentes restrictions aux activités des ONG et des intimidations à l’encontre des défenseurs des droits humains », a déclaré à l’AFP David Skorski, porte-parole de l’ambassade américaine, présent au tribunal.

L’ambassade des Etats-Unis a ensuite salué sur Twitter la libération de M. Opiyo, ajoutant que « ceux qui minent la démocratie » subiront « des conséquences ».

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