Maroc: le journaliste Omar Radi entendu par le juge d’instruction

Maroc: le journaliste Omar Radi entendu par le juge d’instruction

Le journaliste marocain et militant des droits humains Omar Radi, en détention préventive depuis fin juillet, a été interrogé jeudi par un juge d’instruction à Casablanca, sa première audition pour une affaire d’espionnage. Arrêté et emprisonné pour « financements étrangers » et « atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat », le journaliste de 34 ans est également accusé de « viol ».

Il a comparu jeudi devant un juge d’instruction de la chambre criminelle de la cour d’appel de Casablanca (ouest) dans le cadre de l’enquête sur l’affaire d’espionnage, selon son avocat Miloud Kandil.

« Il a réaffirmé devant le juge d’instruction qu’il est innocent » et que ses relations étrangères pointées par l’accusation sont « purement professionnelles (et) liées à son travail journalistique », a déclaré à l’AFP Me Kandil, sans donner plus de détails, soumis au secret de l’instruction.

L’enquête pour « espionnage » a été ouverte fin juin après la publication d’un rapport de l’ONG de défense des droits humains Amnesty International révélant que le téléphone du journaliste avait été espionné par les autorités via un logiciel espion.

Rabat a toujours démenti, accusant Amnesty de mener une « campagne internationale de diffamation ».

Omar Radi se dit la cible d’une « vengeance » du pouvoir, provoquée selon lui par la publication de ce rapport.

L’enquête pour viol ouverte fin juillet sur plainte d’une collègue et amie de M. Radi a été bouclée fin novembre par le juge d’instruction.

Radi a effectué le 10 décembre une grève de la faim de 24 heures, aux côtés de Souleimane Raissouni, un autre journaliste emprisonné depuis fin mai et soupçonné d’agression sexuelle, pour « protester contre leur maintien en détention préventive sans jugement », selon un communiqué commun diffusé par leurs soutiens.

Raissouni, 48 ans, a été placé en détention préventive à la suite d’accusations d’un militant pour les droits des personnes LGBT (lesbiennes, gays, bies, trans). Le journaliste clame son innocence.

Les défenseurs de M. Raissouni avaient dénoncé dans une pétition signée par une centaine de personnes un « ciblage des journalistes et des défenseurs des droits humains critiques à l’égard des autorités, avec les mêmes méthodes basées sur des accusations sexuelles ».

Les deux plaignants – le militant pour les droits LGBT et la femme qui accuse M. Radi de viol – ont nié avoir été instrumentalisés.

Face aux critiques, les autorités marocaines insistent sur le respect des procédures judiciaires et l’indépendance de la justice.

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