RDCongo: FEC: le bras de fer Tshisekedi-Kabila continue

RDCongo: FEC: le bras de fer Tshisekedi-Kabila continue

Par Marie-France Cros.

Nouvel épisode du bras de fer entre le président Félix Tshisekedi et son prédecesseur et ex-allié, Joseph Kabila avec l’élection, prévue mercredi, du président de la Fédération des entreprises du Congo (FEC). L’élection « à l’unanimité » d’Albert Yuma, un proche de Kabila,le 26 novembre, a en effet été annulée par la justice.

C’est Dieudonné Kasembo Nyembo qui avait porté l’affaire devant les juges. Il est le gérant de Gecotrans, une sarl spécialisée dans le dédouanement, installée à Matadi; président provincial de la FEC au Kongo-Central, M. Kasembo Nyembo était ensuite passé vice-président de la FEC nationale, responsable de la commission « Commerce et PME ».

Le 24 novembre dernier, il a déposé plainte devant le Conseil d’Etat pour que ce dernier statue en référé sur l’élection du nouveau président de la FEC, fixée au 26 novembre et pour laquelle sa candidature n’avait pas été retenue. Ce jour-là a été réélu, pour un sixième mandat, Albert Yuma, un des principaux soutiens de Joseph Kabila pendant ses années de règne. Mais le Conseil d’Etat a déclaré cette élection « nulle et non avenue », faisant droit aux demandes de M. Kasembo Nyembo.

Vote à main levée

Ce dernier critiquait le fait que le Président de la FEC était choisi par vote à main levée au sein de la « commission des sages » », qui présentait ensuite au conseil d’administration une seule candidature à approuver. Le vote à main levée ne garantit pas, soulignait-il, la liberté de choix des électeurs. Une opinion confirmée par un membre de la FEC auprès de La Libre Afrique.be: « Souvent, ils mettent les gens devant le fait accompli, grâce à des votes à main levée ».

La FEC, toujours dirigée par Albert Yuma, avait plaidé que le Conseil d’Etat n’était pas compétent pour juger de ses affaires internes; que M. Kasembo Nyembo ne pouvait déposer un recours devant le Conseil d’Etat et que seule sa société le pouvait. Le Conseil d’Etat, présidé par le professeur Félix Vunduawé Te Pemako, avait balayé les arguments de la FEC et ordonné une nouvelle élection dans les 15 jours, « à bulletins secrets » cette fois et sous la supervision du greffe du Conseil d’Etat.

La FEC refuse la décision du Conseil d’Etat

La FEC d’Albert Yuma avait annoncé le 17 décembre qu’elle refusait de se soumettre à la décision du Conseil d’Etat, faisant valoir, notamment que la réunion du conseil d’administration pour un vote secret violait les dispositions anti-Covid-19 puisque cet organe réunit « plus de cent membres ». Aucun autre membre de la FEC que Dieudonné Kasembo Nyembo n’a déposé sa candidature. Opposition au Conseil d’Etat ou délai trop court?

Lundi dernier, selon nos confrères de 7sur7.cd, une réunion extraordinaire de l’assemblée générale du comité directeur de la FEC a en effet eu lieu pour examiner la décision du Conseil d’Etat. Selon nos confrères, Albert Yuma y aurait ajouté un second point: la radiation de Dieudonné Kasembo Nyembo de la FEC. Après un débat « houleux », cette proposition a été rejetée par 29 voix sur 52 tandis que 23 étaient pour. « Yuma a beaucoup d’ennemis et la destitution de Jeanine Mabunda », ex-présidente de l’Assemblée nationale, le 10 décembre, « a donné des idées, alors que Kabila perd des plumes. Même si Yuma gagne finalement cette partie, il en sortira affaibli », poursuit cette source.

Les avocats de la partie Yuma contestent en justice le vote fixé au 23 décembre parce que la décision du Conseil d’Etat fixait à 15 jours le délai d’organisation, délai dépassé. Mercredi, bien que la FEC ait annoncé qu’elle allait d’abord désinfecter ses locaux afin d’éviter toute contamination au Covid-19 lors de l’élection, celle-ci a bien eu lieu.

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