Washington rétablit le statut commercial préférentiel de Kinshasa

Washington rétablit le statut commercial préférentiel de Kinshasa

Les Etats-Unis ont redonné mardi un statut commercial préférentiel à la République démocratique du Congo (RDC) dix ans après le lui avoir retiré en raison d’inquiétudes liées aux droits humains dans le pays d’Afrique centrale.

Dans une proclamation présidentielle, Donald Trump a attribué de nouveau à Kinshasa la possibilité d’envoyer sur le marché américain des exportations sans taxes douanières « en raison des mesures prises par le gouvernement de la RDC ».

Selon une loi de 2000, les pays d’Afrique subsaharienne peuvent exporter la plupart de leurs biens vers les Etats-Unis sans tarifs douaniers s’ils respectent certains principes liés à l’Etat de droit, au pluralisme politique, aux droits des travailleurs et à l’économie de marché.

L’ancien président américain Barack Obama avait retiré ce privilège à la RDC en décembre 2010. Les responsables de son gouvernement avaient alors invoqué des violations des droits humains par les forces de sécurité congolaises, dont le recours au viol comme arme de guerre.

Mais Washington a affiché son optimisme depuis l’élection du président Félix Tshisekedi, qui a pris ses fonctions en janvier 2019 dans l’ex-colonie belge à l’occasion de sa première passation du pouvoir pacifique. Le chef de l’Etat congolais s’est engagé à lutter contre la corruption endémique dans ce vaste pays miné par la pauvreté malgré ses énormes richesses en ressources naturelles.

Parmi les rebondissements spectaculaires depuis son arrivée au pouvoir, son ancien directeur de cabinet Vital Kamerhe, acteur jusque-là intouchable de la vie politique congolaise, a été condamné en juin à 20 ans de travaux forcés pour corruption.

Vital Kamerhe avait auparavant été un proche allié du précédent président, Joseph Kabila, homme fort de la RDC pendant 18 ans.

Depuis près de deux ans, le président Tshisekedi devait gouverner en coalition avec le camp Kabila, mais ces dernières semaines il a entrepris de se défaire de cet allié encombrant, officiellement pour mener à bien les réformes anticorruption soutenues par les Etats-Unis et l’Union européenne.

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