Bissau: mandat d’arrêt contre l’ex-Premier ministre Pereira, en exil au Portugal

Bissau: mandat d’arrêt contre l’ex-Premier ministre Pereira, en exil au Portugal

Les autorités judiciaires bissau-guinéennes ont lancé vendredi un mandat d’arrêt contre l’ancien Premier ministre Domingos Simoes Pereira, en exil au Portugal, après des soupçons de disparition de sommes versées au pays par le Fonds monétaire international (FMI). Le parquet de Bissau « annonce avoir lancé un mandat d’arrêt contre le citoyen Domingos Simoes Pereira pour crime », dans un communiqué publié vendredi qui ne précise pas la nature des charges.

Pereira est le chef du Parti africain pour l’indépendance de la Guinéeet du Cap-Vert (PAIGC), qui a mené la lutte pour l’indépendance en 1974 de la Guinée-Bissau, ex-colonie portugaise.

Candidat malheureux lors du second tour de l’élection présidentielle de décembre 2019 face à Umaro Sissoco Embalo, il a quitté la Guinée-Bissau en mai et se trouve actuellement au Portugal, selon son entourage familial et la direction de son parti.

Il n’avait pas répondu en mai à plusieurs convocations du procureur général, Fernando Gomes, pour une audition relative à des fonds versés en 2014 par le FMI à la Guinée-Bissau, d’un montant de 35,2 milliards FCFA (environ 53 millions d’euros) alors qu’il était Premier ministre. Ces fonds ont ensuite disparu des comptes de l’Etat, selon les autorités.

Pereira avait indiqué que son retour au pays dépendait des conditions de sécurité, dans une interview en juin à la chaîne de télévision panafricaine Vox Africa.

« Ma sécurité n’est plus garantie », avait-il affirmé, prenant pour exemple le sort d’un de ses successeurs au poste de Premier ministre, Aristide Gomes, également un responsable du PAIGC.

Gomes est réfugié depuis avril dans des locaux de l’ONU à Bissau, affirmant craindre pour sa sécurité depuis l’accession au pouvoir d’Umaro Sissoco Embalo et a demandé une intervention de la communauté internationale pour quitter le pays.

Le PAIGC conteste toujours l’élection face à M. Pereira, son candidat, de M. Embalo, reconnu en avril par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) comme président, après quatre mois de blocage post-électoral dans ce pays abonné aux crises politiques.

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