RDC : Dossier APLC, pour en finir avec les « discours creux » et la corruption

RDC :  Dossier APLC, pour en finir avec les « discours creux » et la corruption

Par Hubert Leclercq

Le Réseau Panafricain de Lutte contre la Corruption (Unis Mouvement blanc) a décidé d’envoyer un courrier au président de République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, suite aux événements qui se sont produits dans les locaux de l’Agence pour la Prévention et la Lutte contre la Corruption (APLC) et dans ceux de la Banque Access à Kinshasa.

Le mouvement Unis, dans lequel on retrouve notamment le lanceur d’alerte congolais Jean-Jacques Lumumba, explique dans son courrier avoir « appris avec une profonde indignation les pratiques peu orthodoxes et cavalières auxquelles s’est livrée l’équipe des enquêteurs de l’APLC dans le cadre de l’affaire liée à la Banque ACCESS ».

Il continue ensuite en insistant sur la gravité « des faits qui affectent négativement l’image d’un service public reconnu comme autorité nationale de référence de la lutte contre la corruption placée sous votre leadership », avant de demander l’ouverture d’une enquête sur ces faits : « il est de notre devoir moral et patriotique d’inviter votre autorité à exiger urgemment toute la lumière sur ce scandale et à prendre des mesures dissuasives qui s’imposent contre leurs auteurs. A l’instar des évidences matérielles irréfutables mise à la disposition de l’opinion, nous considérons que le communiqué de presse publié par le Coordonnateur de l’APLC, loin d’apaiser la répulsion populaire, est un aveu maladroit d’une forfaiture déjà consommée. En aucun cas, l’ALPC ne peut s’arroger les compétences exclusivement dévolues au parquet, à la DGM et à la DGRAD. »

L’APLC aurait donc outrepassé ses droits. « Il n’y a aucune raison pour que des agents de l’APLC se retrouvent à prendre de l’argent en cash dans une banque. En imaginant qu’il y ait des mouvements de fonds nécessaires, tout pourrait se faire de compte à compte, sans circulation de liquide », explique Jean-Jacques Lumumba, le coordinateur d’Unis qui, s’il ne remet pas en cause l’APLC (« cette agence peut avoir son rôle à jouer »), insiste sur la nécessité de créer un « vrai parquet financier ».

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« Quelles que soient les pièces, les preuves dont disposeraient l’APLC, ce comportement est coupable. Les agents se substituent à la justice congolaise, c’est très grave », enchaîne Jean-Jacques Lumumba qui justifie l’envoi du courrier d’Unis au président de la République par le fait que ces actes portent atteinte à la crédibilité de « son combat contre les anti-valeurs ».

« Démocratie exemplaire »

Lors de son discours du 6 décembre 2020 et la rétrocession de ses entretiens avec les principaux acteurs de la scène politique et de la société civile, Félix Tshisekedi avait, au début de ce discours, insisté :  « j’ai mesuré la soif, exprimée par tous, d’une démocratie exemplaire et d’un véritable état de droit; j’ai compris que notre peuple et la majorité de ses élites, ne supportent plus d’être pris en otage par le cancer de la corruption, des traitements discriminatoires, des discours creux et démagogiques », avant de poursuivre un peu plus loin : « Nous traversons en cette période un tournant décisif de notre construction démocratique. Ce moment nous confère un devoir collectif; celui du sursaut ! Un vrai sursaut démocratique, que nous devons porter partout sur notre territoire, pour anéantir les desseins des cyniques, pour réveiller les somnambules, et pour barrer le passage à celles et ceux qui portent la haine et la honte dans notre pays ». 

« La démocratie exemplaire », c’est ce que demande le courrier d’Unis (à lire ci-dessous) qui cherche à obtenir une enquête sur les faits qui se sont réellement produits au sein de l’APLC pour éviter d’encore « être pris en otage par le cancer de la corruption ».

« Le véritable état de droit », consisterait aussi, si on refuse les « discours creux et démagogiques » à demander des comptes à ceux qui ont saccagé l’Assemblée nationale au lendemain de ce discours « historique » du chef de l’Etat. Les faits sont établis, les images, sans appel, ont circulé en boucle sur les réseaux sociaux, les auteurs, connus de tous, se pavanent aujourd’hui dans la capitale, sûrs de leur impunité. Pourtant, ils ont clairement porté atteinte à la démocratie et ont « porté la haine » au coeur d’un des symboles de cette démocratie.

Lire le courrier envoyé à la présidence de la République par le Réseau Unis 

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