Le Ghana attend dans le calme les résultats de la présidentielle

Le Ghana attend dans le calme les résultats de la présidentielle

Le Ghana attendait mardi dans le calme les résultats de l’élection présidentielle au lendemain d’un vote qui a été salué comme un exemple à suivre en Afrique de l’Ouest, même si plusieurs incidents ont été signalés.

Le scrutin s’annonce serré entre le président Nana Akufo-Addo, 76 ans, candidat pour le Nouveau parti patriotique (NPP) qui brigue un second mandat, et son prédécesseur John Mahama, 62 ans, leader de l’opposition, du Congrès national démocratique (NDC).

A la veille des élections, les autorités avaient annoncé que les résultats pourraient être connus moins de 24 heures après la fin du vote, soit avant 17H00 GMT ce jour.

Dans plusieurs quartiers d’Accra mardi matin, la vie suivait son cours, les habitants de la capitale feuilletant les journaux et commentant avec une certaine fierté le vote de la veille.

Parmi eux, Albert Keke, un homme de 55 ans: « C’était vraiment un scrutin sans accroc et calme hier, il n’y a pas eu de problème, les électeurs se sont bien comportés », dit-il à l’AFP.

« Election calme et pacifique », « Le vote s’est fini dans le calme » titraient les deux principaux quotidiens mardi matin.

La veille, plus de 17 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes pour choisir entre douze candidats à la magistrature suprême, dont trois femmes, et élire leurs 275 députés.

Bien que la Commission électorale soit seule habilitée à annoncer les résultats officiels et à proclamer le vainqueur, de premières estimations communiquées par la présidence, portant sur 91% des bureaux de votes déjà dépouillés, M. Akufo-Addo aurait remporté 52,25% des voix, contre 46,44% pour M. Mahama.

« Je suis content car il n’y a eu ni conflit ni confusion, mais je suis triste car mon candidat a l’air d’être en train de perdre », dit à l’AFP Abdulkarim Al Hassan, 32 ans, qui a voté pour M. Mahama.

« Je suis un peu déçu mais la vie continue », ajoute ce réparateur de téléphone installé dans le quartier populaire de Nima.

Le Ghana n’a jamais connu de second tour, les plus petits partis dépassant rarement les 1% des voix.

– Candidat à la députation arrêté –

Dans un bureau de vote du quartier historique de Jamestown, les bulletins étaient encore en train d’être recomptés sous les regards attentifs mais fatigués des militants et des observateurs.

Lundi soir, le vote a été salué par les observateurs internationaux comme un exemple à suivre dans cette région secouée cette année par des scrutins contestés et violents comme en Côte d’Ivoire voisine.

Quelques accrocs ont toutefois été rapportés par la Coalition des observateurs ghanéens des élections (CODEO) qui a surveillé 4.000 des 38.000 bureaux à travers le pays.

Environ 235 incidents, allant du non-respect du protocole sanitaire imposé à cause du coronavirus à des actes de violence, ont été observés, selon elle.

A Odododiodoo, une circonscription pauvre située dans la région d’Accra, un des candidats au poste de député, Nii Lante Vanderpuye, a été arrêté lundi soir par la police.

Suspecté d’avoir incité des partisans à une fusillade, ce membre de l’opposition a été libéré sous caution mardi matin, a affirmé à l’AFP son assistant Sammy Laryea.

Le bureau de la Commission électorale à Fomena, dans la région d’Ashanti (Sud) a également été incendié dans la nuit, a constaté un journaliste de l’AFP.

Vendredi, le président et son prédécesseur avaient signé un « pacte de paix ». Ils se sont engagés à ne promouvoir aucune violence lors du vote et à la proclamation des résultats.

Ces deux adversaires politiques de longue date s’affrontent pour la troisième fois, avec lors des deux précédents scrutins des résultats serrés.

En 2012, M. Mahama l’avait emporté avec 50,7% des voix, puis en 2016 ce fut M. Akufo-Addo avec 53,8%.

Le chômage des jeunes a été l’un des principaux enjeux de la campagne, alors que plus de la moitié des électeurs a moins de 35 ans.

Depuis les années 2000, ce pays riche en or, cacao et plus récemment pétrole, a connu une des plus fortes croissances au monde.

Mais certaines régions continuent de vivre dans le plus grand dénuement et la crise provoquée par le coronavirus a durement touché le pays, dont la croissance cette année devrait tomber à 0,9%, selon le FMI (soit le taux le plus bas depuis plus de 30 ans).

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