Glencore s’est choisi un nouveau patron qui entrera en fonction courant 2021

Glencore s’est choisi un nouveau patron qui entrera en fonction courant 2021

Glencore, le géant suisse des matières premières, a dévoilé vendredi son plan de succession pour prendre la relève de son emblématique patron, le milliardaire sud-africain Ivan Glasenberg, le choix se portant sur Gary Nagle, un cadre qui a fait une grande partie de sa carrière dans le charbon.

Le groupe actif dans le négoce des matières premières mais également propriétaire de nombreuses mines de cuivre et de charbon, lui confiera le poste de directeur général durant le premier semestre l’an prochain, a-t-il indiqué dans un communiqué.

Il n’a toutefois pas précisé la date effective de passage de flambeau très attendu.

Actuellement en poste à Sydney en Australie, M. Nagle, qui dirige les activités de charbon du groupe, doit s’installer en Suisse en début d’année pour travailler aux côtés d’Ivan Glasenberg afin d’assurer la transition, a précisé le groupe suisse.

« Le conseil d’administration a travaillé avec Ivan pendant les deux dernières années pour oeuvrer à une transition harmonieuse vers la prochaine génération », a déclaré Tony Hayward, son président, et ancien patron du groupe pétrolier britannique BP, cité dans le communiqué.

Ce changement s’opère dans un contexte « de profonds changements », a ajouté M. Hayward, évoquant le choc de la pandémie de Covid-19 mais aussi « le défi » du changement climatique.

« Notre industrie a une opportunité significative de contribuer à la reprise économique en fournissant des matières premières essentielles pour la transition vers une économie à faible empreinte carbone », a-t-il affirmé.

Malgré les critiques à l’égard du charbon, le choix s’est porté sur ce cadre qui a fait une grande partie de sa carrière dans cette filière.

Egalement de nationalité sud-africaine, M. Nagle, 45 ans, avait rejoint Glencore en 2000 en Suisse au sein de l’équipe chargée du développement du charbon, avant de diriger pendant cinq ans Prodeco, qui regroupe les activités de charbon du groupe en Colombie, de 2008 à 2013.

– Changement de génération –

Il avait ensuite dirigé les activités de Glencore pour les alliages dans les métaux en Afrique du Sud de 2013 à 2018.

« J’ai travaillé avec Gary depuis qu’il a rejoint l’entreprise il y a vingt ans », a déclaré Ivan Glasenberg, cité dans le communiqué, ajoutant qu’il avait toujours considéré comme un rôle « critique » dans sa fonction de faire émerger « la prochaine génération » de dirigeants pour le groupe, se disant « fier » du travail accompli.

Connu pour sa pugnacité en affaires, M. Glasenberg, qui détient une participation de 9,09% dans le groupe, ce qui en fait le deuxième plus gros actionnaire derrière le fonds souverain Qatar Holding, pilote Glencore depuis 2002.

Il a été l’artisan de l’introduction en Bourse du groupe sur le marché londonien en 2011, puis de sa fusion en 2013 avec le géant minier Xstrata qui avait fortement renforcé le poids de ses activités dans le cuivre.

Il compte quitter son poste de directeur général mais aussi son siège au conseil d’administration courant 2021.

Vers 16H35 GMT, l’action Glencore bondissait de 3,10% à la Bourse de Londres à 237,65 pence à l’issue de cette annonce sur le plan de succession, alors que le FTSE100, l’indice de référence de la Bourse de Londres grimpait de 0,95%.

Sur l’année 2019, le groupe avait essuyé une perte de 404 millions de dollars, contre un bénéfice 3,4 milliards un an plus tôt, en raison de dépréciations d’actifs notamment dans des mines de cuivre en Afrique. Au premier semestre 2020, le groupe a encore creusé ses pertes, à 2,6 milliards de dollars.

En 2018, Glencore avait été secoué par une assignation de la justice américaine dans le cadre d’une vaste enquête pour corruption au Nigeria, au Venezuela et en République démocratique du Congo (RDC).

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