Le prix Goncourt des Lycéens récompense Djaïli Amadou Amal pour son roman « Les Impatientes »

Le prix Goncourt des Lycéens récompense Djaïli Amadou Amal pour son roman « Les Impatientes »

Le roman Les Impatientes de Djaïli Amadou Amal, publié en Afrique sous le titre Munyal, les larmes de la patience, a recu ce mercredi le Prix Goncourt des Lycéens 2020. Son auteure, présidente de l’association Femmes du Sahel, est un figure de proue de la lutte pour l’éducation et les droits des femmes au Nord-Cameroun.

« Quand des lycéens sont sensibles au sujet des violences faites aux femmes, on peut avoir de l’espoir en un monde meilleur. » Ainsi s’est exprimée la romancière Djaïli Amadou Amal, ravie et enthousiaste à l’annonce du prix décerné ce mercredi à son livre. Seule femme en lice aux côtés de Camille de Toledo, Maël Renouard et Hervé Le Tellier, sur la dernière shortlist du Goncourt 2020, elle avait dû s’incliner, mardi, face au mathématicien, auteur de L’Anomalie. Ce mercredi, 2000 jeunes lecteurs ont tranché et le Goncourt des Lycéens 2020 a été remis à l’écrivaine camerounaise.

Les Impatientes est son cinquième roman, mais le premier publié en France, par les Editions Emmanuelle Collas. La romancière, née en 1975, a été choisie par un jury composé uniquement d’étudiants et d’étudiantes dans le cadre de la 33e édition du prix créé à l’initiative de la Fnac et du ministère français de l’Education nationale, des Sports et de la Jeunesse.

Djaïli Amadou Amal succède ainsi à Karine Tuil, sacrée par le Goncourt des Lycéens en 2019 pour Les Choses humaines, un roman puissant traitant des violences faites aux femmes.
La thématique reste visiblement bien présente dans les esprits des plus jeunes puisque cette année aussi les jurés ont choisi de couronner la plume d’une auteure militante et féministe.

Dans son roman-témoin, l’auteure camerounaise blâme « une mauvaise interprétation des textes religieux » qui tolère les violences faites aux femmes et « piétine », de ce fait même, « leurs rêves » et leurs désirs profonds.

Mariée de force alors qu’elle était âgée de 17 ans à peine, c’est dans son vécu et celui de quelques-unes de ses amies, parentes ou voisines que Djaïli Amadou Amal a puisé la justesse et l’acuité de son récit évoquant les mariages forcés, le viol conjugal et la polygamie, à travers les points de vue de trois femmes peules musulmanes – Ramla, Hindou et Safira – à différents âges de la vie.

Lauréate du Prix de la meilleure auteure africaine en 2019, Djaïli Amadou Amal est considérée comme l’une des plus importantes écrivaines du Cameroun. Elle a également fondé l’association Femmes du Sahel qui parraine, depuis trois ans, des dizaines et des dizaines d’enfants, et œuvre pour l’éducation et le développement des femmes dans le Nord du Cameroun.

Karin Tshidimba (avec AFP)

Que pensez-vous de cet article?

Derniers Articles

Journalistes

Dernières Vidéos