Mis en cause, le WWF promet de renforcer le respect des droits humains

Mis en cause, le WWF promet de renforcer le respect des droits humains

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) s’est engagé mardi à renforcer le respect des droits de l’Homme dans ses opérations, en rendant public un rapport indépendant sur des allégations d’exactions, qui l’exonère d’implication directe mais pointe un laxisme dans l’application de ses propres règles. En 2019, une enquête du site BuzzFeed avait dénoncé des exactions commises par des gardes de parcs nationaux financés et équipés par l’organisation dans six pays d’Afrique et d’Asie (Cameroun, Centrafrique, Congo, RDCongo, Inde, Népal).

Le WWF avait diligenté une enquête « indépendante », confiée à trois experts menés par l’ancienne Haut-Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU Navi Pillay, dont le rapport a été publié mardi. Ils concluent n’avoir trouvé aucune preuve que le WWF ait directement acheté ou fourni des armes aux gardes impliqués, soulignant que ces derniers étaient employés par leurs gouvernements et non l’ONG, ni que des membres du WWF aient encouragé ou participé à des exactions.

Mais les experts relèvent que si l’ONG « a des engagements forts en matière de droit de l’Homme (…) la mise en œuvre de ces engagements a souvent été laxiste, au moins en partie en raison de manque de moyens adéquats et d’expertise ».

Après de nouvelles allégations graves –meurtres, viols, tortures– contre des militaires et gardes, le WWF a adopté en avril 2019 un plan d’action (formations, code de conduite, recueil de plaintes et saisine de la justice), dont la plupart des mesures n’avaient pas débouché concrètement ou été mises en œuvre à la date de juillet 2020, soulignent les experts.

Dans leurs conclusions, les experts recommandent notamment à l’ONG d’inclure les engagements en matière de droits humains dans ses accords avec les gouvernements et organismes partenaires.

Ils recommandent également de créer un « mécanisme effectif de (traitement des) plaintes », d’améliorer les relations avec les communautés locales et de prévoir dans le budget de ses opérations une enveloppe droits de l’Homme.

« Nous endossons pleinement les recommandations (du rapport) et nous avons déjà entamé des changements et pris des mesures,  » a déclaré le directeur général de l’ONG Marco Lambertini, citant par exemple la création d’un poste de médiateur indépendant.

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