RDC: la très étrange prise de parole du milliardaire sous sanctions Dan Gertler

RDC: la très étrange prise de parole du milliardaire sous sanctions Dan Gertler

Le sulfureux homme d’affaires israélien Dan Gertler, sous sanctions américaines pour corruption à grande échelle présumée, s’est livré à une très rare et étrange prise de parole lundi à Kinshasa en République démocratique du Congo (RDC), où il est accusé d’avoir sous-estimé la valeur d’actifs miniers sous le régime du président Joseph Kabila. Dans le viseur de nombreuses ONG, cité dans les « Panama Papers » en 2016, Dan Gertler est sous sanctions du Département d’État depuis décembre 2017 pour avoir signé des « contrats miniers et pétroliers opaques et entachés de corruption ».

Washington l’accuse d’avoir faire perdre à la RDC « 1,36 milliard de dollars de recettes » fiscales dans les années 2010 à l’époque de l’ex-président Kabila dont il était un proche.

Le Fonds monétaire international (FMI) a récemment exigé à la RDC « la transparence des contrats miniers » en préalable à toute négociation pour un prochain programme d’aide. Lundi, des journalistes ont été invités à une prise de parole sans précédent du milliardaire israélien.

A l’arrivée, les organisateurs ont juste diffusé une vidéo de Dan Gertler pré-enregistrée en anglais, sans aucune réponse sur les accusations portées contre lui.

Il a vanté son investissement de 166 milliards de francs congolais (83 millions de dollars) dans un projet minier au Katanga, Métalkol.

« Au début de l’année prochaine, les dividendes de cette mine vont commencer à être distribués. C’est la première fois que vous, frères et soeurs, allez profiter de la richesse de ce pays », a-t-il lancé avec emphase.

Le sulfureux homme d’affaires a encouragé les autres sociétés minières à en faire autant: « Partagez avec nos frères et soeurs de la RDC. C’est leur cuivre, c’est leur cobalt, en plus des impôts que vous payez ».

En juillet, Dan Gertler a été accusé par deux ONG d’avoir contourné les sanctions américaines en s’appuyant sur un réseau international de blanchiment d’argent.

Les deux ONG, Global Witness et la Plate-forme pour la protection des lanceurs d’alerte en Afrique (Pplaaf), ont affirmé que Gertler et ses mandataires ont « ouvert des comptes bancaires dans les succursales congolaises d’Afriland First Bank, basée au Cameroun ».

Des avocats d’Afriland ont porté plainte pour « vol de documents, violation du secret bancaire, faux et usage de faux, dénonciation calomnieuse, le tout en bande organisée ».

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