Les pourparlers politiques libyens s’achèvent dimanche en Tunisie

Les pourparlers politiques libyens s’achèvent dimanche en Tunisie

Le dialogue politique libyen sous l’égide de l’ONU doit s’achever dimanche, après une semaine d’échanges directs à Tunis qui ont pour le moment abouti à un accord sur des élections nationales en décembre 2021, a indiqué l’ONU. Le Forum de Gammarth, près de la capitale tunisienne, rassemble 75 délégués de tous bords, sélectionnés par l’ONU en fonction de leur appartenance géographique, politique ou idéologique. Mais pas les principaux protagonistes.

Minée par les conflits et les luttes de pouvoir depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est aujourd’hui déchirée entre deux autorités rivales: le Gouvernement d’union nationale (GNA), basé dans l’Ouest à Tripoli et reconnu par l’ONU, et un pouvoir incarné par Khalifa Haftar, homme fort de l’Est.

L’ONU a annoncé vendredi soir que les participants au Forum de dialogue s’étaient accordés sur l’organisation d’élections nationales le 24 décembre 2021, sans préciser s’il s’agissait d’élections présidentielle ou parlementaires ou les deux.

Les délégués doivent fixer les prérogatives d’un exécutif unifié chargé d’organiser ces élections et de répondre aux besoins des Libyens, exaspérés par la corruption et des services défaillants. Ils doivent également choisir les quatre principales têtes de cet exécutif, composé d’un conseil présidentiel de trois membres et d’un chef de gouvernement.

Ces discussion se déroulent à la faveur d’un cessez-le-feu formalisé en octobre, après la cessation en juin des hostilités entre le GNA et le camp Haftar.

Des avancées ont depuis été enregistrées sur le plan économique, militaire et politique, après plusieurs séries de pourparlers.

L’ex-émissaire de l’ONU en Libye, Ghassan Salamé, a assuré vendredi à l’AFP n’avoir « jamais été aussi optimiste » quant à la possibilité de voir la fin d’une décennie de violences dans ce pays d’Afrique du Nord qui détient les plus importantes réserves de pétrole d’Afrique.

Mais la prudence reste de mise. Ces dernières années, plusieurs accords sont restés lettre morte et des élections ont été annoncées sans se concrétiser.

La classe politique reste largement réfractaire à des élections, et des élus ont réclamé samedi qu’une Constitution soit adoptée avant tout scrutin.

Plusieurs organisations ont critiqué la composition du forum de Gammarth, estimant que certaines forces politiques ou militaires étaient sous-représentées.

Des groupes armés ou leurs parrains internationaux pourraient être tentés de saboter un accord qui les desservirait, dans un pays qui a connu une implication croissante de puissances étrangères et où la trêve reste fragile.

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