Consultations et crise politique en RDC : l’ONU et l’Eglise s’en mêlent

Consultations et crise politique en RDC : l’ONU et l’Eglise s’en mêlent

Les Nations unies et la très influente église catholique sont intervenues mercredi dans la crise politique qui couve au sein de la coalition au pouvoir en République démocratique du Congo entre les partisans du président Félix Tshisekedi et ceux de son prédécesseur Joseph Kabila. Le Bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l’homme (BCNUDH) a demandé aux « acteurs politiques de tous bords de s’abstenir de tenir des discours pouvant porter atteinte à la paix et la cohésion sociale ».

Le BCNUDH a condamné sur Twitter les « propos incendiaires » attribués au secrétaire général du parti présidentiel UDPS, Augustin Kabuya sur le Front commun pour le Congo (FCC) fidèle à Joseph Kabila.

Mardi, M. Kabuya a accusé le FCC de « préparer un coup contre le chef de l’État » Félix Tshisekedi. « Qu’ils se préparent, nous sommes prêts à les affronter », a-t-il ajouté, dans un audio partagé sur les réseaux sociaux.

Investi en janvier 2019, le président Tshisekedi gouverne en coalition avec le FCC de son prédécesseur, largement majoritaire au Parlement et dans les 26 provinces.

Le 2 novembre, le chef de l’État a lancé des « consultations » en invoquant l' »union sacrée » face aux tensions au sein de la coalition.

« Le FCC reste ouvert au dialogue avec le chef de l’État, mais plutôt dans le cadre des structures et mécanismes prévus par l’accord de coalition », a indiqué dimanche le FCC. Un accord de coalition resté très largement secret jusqu’à présent.

Mercredi, la Conférence des évêques du Congo (Cenco) a rencontré l’ex-président Joseph Kabila, après une précédente entrevue avec Félix Tshisekedi la veille dans le cadre des « consultations ».

Face au « blocage au niveau de la coalition au pouvoir », les évêques ont rencontré l’ex-président « pour lui donner des conseils et aussi pour l’écouter », a indiqué dans une vidéo l’abbé Donatien Nshole, porte-parole de la Cenco.

Le président a poursuivi ses consultations en recevant l’UNC, le parti de son ex-directeur de cabinet Vital Kamerhe, condamné à 20 ans de prison pour détournement de fonds.

Les signes de tensions sont quasi-quotidiens. Mardi, deux ministres membres du FCC ont été empêchés de quitter Kinshasa par les services de migration, selon les médias congolais. Motif: ils n’avaient pas l’autorisation du directeur du cabinet du chef de l’État, selon la radio onusienne Okapi.

Par ailleurs, l’État-major de l’armée a été enjoint de quitter d’ici la fin de l’année son QG sur la colline Ngaliema à côté de la résidence du chef de l’État. Cette décision a été prise « sur instruction de la haute hiérarchie », a indiqué le chef d’État-major Célestin Mbala. L’Etat-major doit déménager au camp militaire Kokolo en plein centre de Kinshasa.

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