RDC: début du désarmement d’un groupe armé actif depuis 20 ans en Ituri, la FRPI

RDC: début du désarmement d’un groupe armé actif depuis 20 ans en Ituri, la FRPI

Les autorités congolaises ont entamé le désarmement d’un groupe armé actif depuis vingt ans en Ituri, dans le nord de la République démocratique du Congo, a constaté un correspondant de l’AFP. Le début de ce désarmement intervient huit mois après la signature d’un accord de paix entre le gouvernement et le groupe armé de la Force de Résistance Patriotique de l’Ituri (FRPI).

Trente et un ex-combattants FRPI ont remis samedi leurs armes aux Forces armés de la RDC (FARDC), lors d’une cérémonie officielle, avant d’être conduits dans un centre de transit situé à Kazana (sud de l’Ituri) pour leur démobilisation et leur réinsertion dans la communauté ou leur intégration à l’armée.

« Ca ne sert à rien de rester dans la forêt, il y a trop de souffrance dans la jungle. Je suis venu rendre les armes pour commencer une nouvelle vie », a dit un ex-combattant à l’AFP.

« J’ai pris les armes pour protéger notre contrée, aujourd’hui je les dépose pour privilégier la paix », a déclaré un autre, âgé de 23 ans, qui affirme avoir rejoint la FRPI en 2013, et souhaite intégrer la police « pour protéger la population ».

« Plus de 1.000 combattants sont attendus pour ce désarmement » qui sera « progressif », a indiqué le chargé du programme de stabilisation et de reconstruction des zones sortant des conflits armés (Starec) en Ituri, Jean-Marc Mazio.

La phase désarmement-démobilisation est prévue pour deux mois, tandis que l’étape de la réinsertion-réintégration prendra deux ans, selon M. Mazio.

Le FRPI est une survivance du conflit communautaire qui avait ravagé l’Ituri entre 1999 et 2003, faisant des dizaines de milliers de morts jusqu’à l’intervention d’une force européenne, Artémis, sous commandement français.

L’un des ex-chefs du FRPI, Germain Katanga, a été condamné en 2014 à 12 ans de prison par la Cour pénale internationale (CPI) pour complicité de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

Libéré le 16 mars, il est aujourd’hui mandaté par le président congolais Félix Tshisekedi pour négocier la paix avec des miliciens du groupe Coopérative pour le développement du Congo (Codeco), accusés des violences dans le nord de l’Ituri depuis 2017.

De 2004 à 2006, plusieurs milliers de combattants FRPI avaient été démobilisés et intégrés à l’armée congolaise, mais le groupe avait commencé à se reformer fin 2007.

L’accord de paix signé en février a bénéficié du soutien de la Mission de l’ONU au Congo (Monusco) et prévoit le cessez-le-feu et l’intégration d’anciens miliciens à l’armée régulière.

Samedi, le porte-parole du FRPI, le colonel auto-proclamé Albert Munobi, a appelé le gouvernement au respect des engagements en ce qui concerne notamment « l’octroi de grades et l’amnistie ».

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