Le chef de l’ONU propose un retrait graduel et sous conditions de la force Monusco en RDC

Le chef de l’ONU propose un retrait graduel et sous conditions de la force Monusco en RDC

La force de Casques bleus Monusco pourrait être retirée sur plusieurs années et sous conditions de la République démocratique du Congo (RDC), propose le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, dans un rapport remis cette semaine au Conseil de sécurité. Ce document, obtenu mercredi par l’AFP, détaille les modalités de ce désengagement sans toutefois prévoir d’échéance pour un retrait total. L’ONU est présente depuis plus de vingt ans en RDC. La Monusco, au budget annuel d’un milliard de dollars, compte environ 15.000 Casques bleus.

Approuvé le 19 octobre par la mission et le gouvernement congolais, le rapport prévoit un retrait graduel de plusieurs régions mais avec une « empreinte progressivement consolidée » dans trois provinces où l’insécurité domine: Nord et Sud Kivu (est du pays) et Ituri (nord-est).

« Le gouvernement est d’accord avec le fait que la Mission devrait être en mesure de se retirer d’ici juin 2021 de la région Kasaï (centre) », indique Antonio Guterres. Dans la province de Tanganyika (sud-est), « des améliorations récentes de la situation sécuritaire devraient permettre à la Mission de réduire son empreinte militaire en 2022 ».

Un retrait militaire de ces deux régions devra s’accompagner d’une augmentation temporaire de la présence policière de la Monusco et d’un renforcement de sa composante civile, estime le chef de l’ONU.

En Ituri, où les violences ont redoublé depuis janvier, la présence militaire de l’ONU devra être maintenue à son niveau actuel. Un retrait ne sera possible qu’avec un processus de paix avec le groupe armé « Force de résistance patriotique de l’Ituri » (FRPI), sa démilitarisation, et des progrès dans la lutte contre l’impunité, précise-t-il.

Pour un retrait général des Casques bleus, plusieurs conditions devront être remplies: la menace posée par les groupes armés devra être contenue par les forces de sécurité congolaises et le processus politique conduisant à des élections en 2023 continuer à se dérouler de manière pacifique, juge Antonio Guterres.

Dans son document, le secrétaire général de l’ONU affirme que le gouvernement s’est engagé à développer l’Etat de droit avec la traduction en justice des auteurs d’exactions. Il indique également que Kinshasa a « clairement signalé son intention de mettre sur pied un nouveau programme de désarmement, démobilisation et réintégration » pour les groupes armés qui renonceraient à la violence.

Au Nord Kivu, « maintenir une présence forte de la Monusco à moyen terme reste essentiel », souligne aussi Antonio Guterres. Au Sud Kivu, selon lui, un retrait durable des Casques bleus ne pourra être entrepris qu’au vu de plusieurs facteurs, dont un développement de l’autorité étatique et une réduction des capacités des groupes armés, avec un retour dans leur pays d’origine des combattants étrangers.

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