Amnesty dénonce l’impunité des chefs de guerre en Centrafrique

Amnesty dénonce l’impunité des chefs de guerre en Centrafrique

Amnesty International a dénoncé jeudi l’impunité des chefs des milices qui contrôlent les deux tiers de la Centrafrique et ne sont pas déférés devant la justice malgré « l’ampleur des violations des droits humains » dans ce pays ravagé par sept années de guerre civile. En 2013, une coalition de groupes armés à dominante musulmane, la Séléka, avait renversé le régime du président François Bozizé et aspiré le pays dans une spirale d’affrontements ethniques et communautaires, avec la création de milices d’auto-défense « anti-balaka », majoritairement chrétiennes et animistes.

En 2015, l’Onu avait accusé les ex-Séléka et les anti-balaka de « crimes de guerre » et « crimes contre l’Humanité ».

« Plusieurs groupes armés et individus jouissent de l’impunité pour les crimes de droit international, notamment des meurtres et des violences sexuelles », a affirmé Amnesty International dans un communiqué.

« Malgré quelques enquêtes et procès ces dernières années, de nombreux auteurs des terrifiantes violations et atteintes aux droits humains(…) n’ont toujours pas été déférés à la justice, deux ans après l’inauguration de la Cour pénale spéciale du pays (CPS) », a ajouté l’ONG de défense des droits de l’homme.

Installée en octobre 2018, la CPS est une juridiction nationale soutenue par l’Onu et composée de magistrats centrafricains et étrangers chargés de juger les violations graves des droits humains depuis 2003, début de la première des trois guerres civiles qui ont ravagé ce pays pauvre d’Afrique centrale en près de 20 ans.

« La CPS a représenté une lueur d’espoir pour les victimes, mais les progrès sont lents », a déploré Amnesty, pour qui « le système judiciaire de la Centrafrique n’a pas la capacité de faire face à l’ampleur de ces violations ».

La guerre civile a considérablement baissé d’intensité depuis la signature d’un accord de paix à Khartoum en février 2019 entre 14 groupes armés et le gouvernement du président Faustin Archange Touadéra, mais des milices continuent de se battre et de tuer des civils. Et ce, malgré la présence des Casques bleus d’une force de maintien de la paix de l’Onu et à deux mois d’élections présidentielle et législatives qui pourraient relancer les affrontements.

« Le système judiciaire de la Centrafrique manque cruellement de ressources. Alors que des groupes armés, y compris des ex-Séléka et des anti-balaka, continuent d’attaquer régulièrement des civils, il est évident que des mesures supplémentaires sont nécessaires pour mettre fin au cycle de l’impunité qui continue de causer tant de souffrances », a conclu Amnesty dans son rapport.

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