Egypte: près d’une cinquantaine d’exécutions en octobre

Egypte: près d’une cinquantaine d’exécutions en octobre

L’Egypte a procédé à 49 exécutions en 10 jours en octobre, selon un décompte publié par Human Rights Watch jeudi, qui réclame aux autorités égyptiennes « l’arrêt immédiat » des mises à mort. L’organisation de défense des droits humains, qui se fonde notamment sur des informations publiées dans les journaux pro-gouvernementaux, précise que « le gouvernement n’annonce habituellement jamais les exécutions, ni n’en informe les familles des prisonniers ».

Parmi les personnes exécutées figurent 15 hommes accusés d’être impliqués dans trois affaires distinctes de violences politiques, précise HRW dans son communiqué.

Trois d’entre eux sont accusés d’avoir été impliqués dans l’attaque violente en 2013 d’un commissariat de Kerdassa, une banlieue du Caire réputée être un fief islamiste, selon HRW qui cite le Al-Shehab Center for Human Rights.

Dix autres ont été jugés coupables d’attaques revendiquées par le groupe jihadiste Ajnad Masr en 2014-2015, et deux autres pour une violente manifestation à Alexandrie en 2013.

Parmi ces 15 condamnés, 13 étaient détenus dans une prison cairote, qui a été le théâtre en septembre d’un incident violent au cours duquel quatre prisonniers et quatre gardiens ont été tués.

« L’habitude des autorités égyptiennes d’exécuter des détenus du couloir de la mort après des attaques contre des forces de sécurité rend l’arrêt des exécutions encore plus urgent », estime dans le communiqué Joe Stork, directeur adjoint pour le Moyen Orient et l’Afrique du Nord pour HRW.

Parallèlement, HRW rapporte que parmi les 34 autres personnes exécutées, dont deux femmes, certaines étaient accusées de faits criminels, comme des meurtres et des viols.

L’organisation estime que sous la présidence d’Abdel Fattah al-Sissi, élu en 2014, l’Egypte est devenue l’un des 10 pays pratiquant le plus les peines capitales.

Depuis la destitution par l’armée en Egypte en 2013 du président islamiste Mohamed Morsi et l’arrivée au pouvoir l’année suivante d’Abdel Fattah al-Sissi, une répression croissante s’est abattue sur toute forme d’opposition, islamiste ou libérale.

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