Indignation en Afrique du Sud après la répression sanglante au Nigeria

Indignation en Afrique du Sud après la répression sanglante au Nigeria

Plusieurs centaines de manifestants ont exprimé mercredi leur indignation en Afrique du Sud, à Pretoria et au Cap, au lendemain de la répression sanglante du mouvement de protestation contre le pouvoir central au Nigeria. Mardi soir, les forces de sécurité ont ouvert le feu à plusieurs reprises sur les manifestants rassemblés à Lagos, capitale économique du Nigeria, sous le coup d’un couvre-feu.

Le nombre des victimes de cette violente répression, condamnée par la communauté internationale, reste controversé.

Depuis près de deux semaines, des milliers de jeunes Nigérians protestent contre les violences policières et le pouvoir central. Au moins 18 personnes, dont deux policiers, sont mortes dans ces marches, et le bilan pourrait considérablement s’alourdir.

L’Afrique du Sud accueille plus de 2,2 millions d’étrangers, dont de nombreux Nigérians. Les deux pays sont les deux géants économiques du continent africain.

Entonnant des slogans dans leur langue maternelle et enveloppés dans des drapeaux nigérians, des manifestants ont défilé mercredi devant l’ambassade du Nigeria dans la capitale sud-africaine Pretoria, avec des banderoles réclamant la « fin des brutalités policières ».

Au Cap, environ 400 manifestants, nigérians pour la plupart, ont déclaré qu’ils continueraient les manifestations jusqu’à ce que les choses changent au Nigeria.

De nombreux sud-africains ont aussi exprimé leur indignation sur les réseaux sociaux derrière le hashtag #ENDSARS.

La célèbre star du rap sud-africain AKA a également posté un message de soutien au peuple nigérian: « Comment les gens peuvent-ils tirer pour TUER leurs propres compatriotes ? ».

Le deuxième plus grand parti d’opposition sud-africain, les Combattants pour la liberté économique (EFF), a exprimé sa « solidarité morale et politique », appelant dans un communiqué le gouvernement nigérian à faire preuve de retenue et contrôler son armée et les services de sécurité.

La principale centrale syndicale, la Cosatu, a aussi condamné les violences, évoquant « la colère refoulée » du peuple nigérian après des années d’échec des services publics et de corruption.

Les deux organisations ont appelé l’Union africaine (UA) et la Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à intervenir.

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