L’ULB va restituer à l’université de Lubumbashi des restes humains de l’époque coloniale

L’ULB va restituer à l’université de Lubumbashi des restes humains de l’époque coloniale

L’Université libre de Bruxelles (ULB) s’est engagé jeudi à restituer des restes humains issus de la période coloniale à l’université de Lubumbashi (Unilu, sud-est de la République démocratique du Congo) dont elle est partenaire depuis que celle-ci a été créée à la fin des années ’50. Une convention signée entre les deux institutions prévoit déjà le rapatriement de dix crânes dont l’origine congolaise a été établie. « La provenance exacte de quatre crânes supplémentaires, issus de l’Afrique subsaharienne, doit encore être vérifiée », explique le vice-recteur de l’ULB, Laurent Licata.

Certains crânes font partie de collections d’anthropologie physique que des médecins et scientifiques proches de l’ULB ont constituées à la fin du 19e ou au début du 20e siècle, a précisé l’université bruxelloise dans un communiqué diffusé jeudi.

Ces crânes et d’autres parties de corps d’habitants de territoires aujourd’hui situés au Congo « ont été ‘acquis’ et transportés en Belgique par des militaires ou des coloniaux belges avant de rejoindre des collections d’anthropologie des universités ».

Il est prévu que les dix, voire quatorze, crânes de l’ULB restent encore quelques années à Bruxelles pour obtenir le plus d’informations sur les pièces, comme la région d’origine des ossements, le groupe ethnique et leur parcours qui les a amenés en Belgique.

« La restitution des biens culturels conservés en Europe est une question complexe dont la concrétisation se situe au niveau des États. Les universités sont appelées à jouer le rôle de déblayage de terrain à travers des recherches scientifiques d’envergure et des workshops de réflexion sur la question (…). Leur restitution aux Congolais constitue un impératif éthique qu’il convient de saluer comme une étape décisive, à la fois pour la réappropriation des pans occultés du passé, et pour une coopération scientifique débarrassée du poids du passé », commente le recteur de l’Unilu, Gilbert Kishiba Fitula.

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