L’AfricaMuseum rejette une mise en demeure d’anciens para-commandos belges

L’AfricaMuseum rejette une mise en demeure d’anciens para-commandos belges

Le Musée royal d’Afrique centrale (MRAC, alias AfricaMuseum) à Tervuren a annoncé mardi avoir opposé une fin de non-recevoir à une mise en demeure émanant d’associations représentant d’anciens para-commandos et officiers ayant servi en Afrique et visant à « effacer toute atteinte à l’honneur et à la réputation des para-commandos belges » à propos d’une des seize sculptures ornant la grande rotonde du Musée. « Sur base de ses connaissances actuelles de l’historique de ces opérations (« Dragon rouge » et « Ommegang », menées en 1964 à Stanleyville, aujourd’hui Kisangani, dans le nord-est de l’actuelle République démocratique du Congo, NDLR), le musée ne peut répondre positivement à la demande de modifier le texte du cartel (la notice explicative de la sculpture, œuvre d’Arsène Matton) », a indiqué le Musée dans un communiqué citant la réponse adressée par son avocat, Me Vincent Kangulumba Mbambi.

« Toutefois, l’AfricaMuseum reste ouvert au dialogue et à la discussion sur cet épisode douloureux de la période qui a suivi l’indépendance du Congo », ajoute le texte.

Les avocats de sept associations représentant d’anciens para-commandos et officiers ayant servi en Afrique avaient adressé le mois dernier une mise en demeure au Musée en lui demandant « d’effacer toute atteinte à l’honneur et à la réputation des para-commandos belges » en visant le cartel de cette sculpture, « La Belgique apportant la sécurité au Congo » d’Arsène Matton représentant la Belgique protégeant dans les plis de son drapeau un homme et un enfant endormi.

Une image superposée à la statue représente un militaire en arme et est explicitée par le texte « Un para-commando belge à Stanleyville en 1964, lors de l’écrasement des rebelles Simba. L’indépendance formelle du Congo en 1960 est loin d’avoir sonné le glas des interventions étrangères ».

C’est cette phrase qui paraît « particulièrement tendancieuse et offusquante » aux sept associations. Elles estiment qu’elle porte « atteinte à l’honneur des para-commandos belges de l’époque, pour la plupart de jeunes miliciens, soit l’émanation de la Nation ».

Selon le Musée, « il n’a jamais été dans l’intention des artistes impliqués et de l’AfricaMuseum de viser personnellement les para-commandos de l’opération +Dragon rouge+ ».

« L’honneur et le courage de jeunes gens risquant leur vie pour en sauver d’autres n’ont rien à voir avec le cynisme des autorités qui leur donnaient des ordres », souligne le communiqué.

L’AfricaMuseum insiste également sur la nécessité de davantage de recherches scientifiques historiques sur la période coloniale et postcoloniale, notamment sur les opérations « Dragon rouge » et « Ommegang ». Le rôle du gouvernement belge doit aussi être clarifié. Ces événements seront sans doute abordés dans le cadre des travaux de la nouvelle commission spéciale de la Chambre chargée d’examiner le passé colonial de la Belgique, poursuit le Musée.

L’AfricaMuseum s’estime enfin, dans cette discussion, « renforcé dans son rôle de forum de débat ».

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