Les supermarchés Tesco cessent d’acheter des avocats à une entreprise kényane accusée d’abus

Les supermarchés Tesco cessent d’acheter des avocats à une entreprise kényane accusée d’abus

Le géant britannique Tesco a indiqué lundi avoir suspendu ses approvisionnements en avocats provenant d’une exploitation au Kenya du groupe agroalimentaire coté Camellia, visé par une action en justice au Royaume-Uni pour violations des droits de l’Homme.

Le cabinet d’avocats britannique Leigh Day avait annoncé dimanche avoir intenté une action devant la Haute Cour de Londres au nom de 79 Kényans qui reprochent à Kakuzi, filiale kényane à 50,7% de Camellia, des « violations systémiques des droits de l’Homme ».

Le journal Sunday Times avait indiqué que Kakuzi fournissait plusieurs supermarchés, dont les britanniques Tesco et Sainsbury’s.

« Toute forme de violation des droits humains dans notre chaîne d’approvisionnement est inacceptable », a commenté une porte-parole de Tesco, dans un mail transmis à l’AFP lundi. « Nous avons suspendu tous les approvisionnements » en provenance de Kakuzi « le temps pour nous d’enquêter de manière urgente ».

Interrogé par l’AFP, Sainsbury’s n’a pas répondu dans l’immédiat.

De son côté, Kakuzi a dénoncé « une campagne de dénigrement », a assuré « ne cautionner aucun comportement ni activité criminels de la part d’aucun de ses employés et avoir, à cette fin, saisi le Parquet (kényan) afin qu’il enquête » sur ces allégations « et prenne des mesures conformément à la loi ».

Les accusations « visent des employés de Kakuzi, accusés d’actes criminels contre des citoyens kényans », souligne l’entreprise qui affirme que « peu de ces accusations ont été dénoncées auprès de Kakuzi ou des autorités kényanes » et dénonce le fait que le cabinet Leigh Day ait saisi la justice britannique.

« Le Kenya est indépendant de la Grande-Bretagne depuis 57 ans. Il est donc ridicule qu’un cabinet d’avocat britannique puisse prétendre que la justice kényane est incapable de juger de telles accusations », s’insurge Kakuzi.

Les plaignants, parmi lesquels d’anciens employés de Kakuzi et des habitants locaux, disent avoir subi entre 2009 et 2020, de la part des gardes de sécurité de l’exploitation dans le centre du pays, « des abus graves », dont des viols, des séquestrations et des homicides.

Leur action est soutenue par la Commission kényane des droits de l’Homme et un centre de recherche néerlandais sur les multinationales (Somo).

Selon le cabinet Leigh Day, dix femmes ont été violées par des gardes, dont « certaines sont tombées enceintes et ont contracté le VIH », et un homme accusé d’avoir volé des avocats a été battu à mort en mai 2018.

Le cas de cet homme a été signalé aux autorités et fait l’objet d’une enquête, affirme Kakuzi qui dit avoir réglé, avec le représentant légal de la famille nommé par un tribunal kényan, la partie civile de l’affaire.

Coté à la Bourse de Londres, Camellia a indiqué que sa filiale Kakuzi, sur laquelle il assure n’avoir aucun « contrôle opérationnel », enquêtait « sur ces accusations très graves », assurant que le « bien-être » de ses 78.000 employés dans le monde était « très important ».

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