RDCongo: la Ceni justifie ses dépenses: un peu court, Messieurs!

RDCongo: la Ceni justifie ses dépenses: un peu court, Messieurs!

La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) congolaise a rendu aux députés son rapport sur les élections de 2018-19. On se rappelle que celles-ci auraient dû avoir lieu deux ans plus tôt mais que l’ancien Président, Joseph Kabila, interdit de se présenter à un nouveau mandat, avait utilisé diverses techniques pour rester à la tête de l’Etat deux années de plus.

Selon la Ceni, le coût total de ces scrutins s’élève à près d’un milliard de dollars, dont 400 millions pour la révision du fichier électoral. La Ceni rejoint d’autres voix pour recommander la création d’un état-civil, qui diminuerait ce coût. On sait qu’au Congo, dans certaines régions, à peine 10% des enfants sont enregistrés à leur naissance; les autres n’existent donc pas aux yeux de l’administration. La Ceni ajoute cependant à ses recommandations celle de procéder à un recensement pour les élections présidentielle, législatives et provinciales.

Chères machines à voter

Plus de 500 millions de dollars ont été déopensés par la Ceni entre mai 2018 et avril 2019. La moitié, selon elle, a servi pour acquérir des matériels, notamment les fameuses « machines à voter », controversées à la fois pour leur prix (1600 dollars /pièce) et pour leur fiabilité.

https://afrique.lalibre.be/29317/rdc-scrutin-avec-machines-a-voter-1-congolais-sur-deux-prive-de-vote/

Rappelons que les résultats précis de la présidentielle, des législatives nationales et des provinciales n’ont jamais été fournis par la Ceni, qui n’a donné que des chiffres globaux. Non seulement ces derniers n’ont donc pas pu être vérifiés en l’absence des bulletins, mais les comptages parallèles effectués par les Eglises catholique et protestante, ainsi que par des ONG, ont indiqué que les résultats officiels étaient complètement faux. Ni le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi (UDPS), ni les députés de l’Assemblée nationale et des assemblées provinciales (où les kabilistes sont largement majoritaires) n’ont donc été réellement élus.

https://afrique.lalibre.be/32231/un-accord-de-cogestion-entre-kabilistes-et-tshisekedi/

Incendie suspect

La Ceni attribue le surcoût électoral au report des scrutins à Beni, Butembo et Yumbi, qui aurait occasionné des dépenses à hauteur de 35 millions de dollars, tandis que 27 millions de dollars de « dépenses exceptionnelles » sont attribués à l’incendie d’un entrepôt électoral à Kinshasa.

https://afrique.lalibre.be/29595/rdc-incendie-de-lentrepot-de-la-ceni-le-temoignage-qui-accuse-le-pouvoir/

Selon une source de La Libre Afrique, un ex-cadre de la Ceni, celle-ci n’aurait pas renouvelé le stock de « machines à voter » perdu dans l’incendie; elle avait préféré réduire le nombre de bureaux de vote à Kinshasa et faire venir du matériel des zones où les élections avaient été postposées (Beni, Butembo et Yambi), ainsi que puiser dans le stock d’appareils de réserve.

Rappelons que les président, vice-président et conseiller de la Ceni – Corneille Nangaa, Norbert Basengezi Katintima et Marcellin Mukolo Basengezi – sont l’objet de sanctions des Etats-Unis pour avoir « sapé le processus » électoral « ou les institutions démocratiques en RDC ». Washington avait alors stigmatisé « la corruption persistance de hauts responsables au sein de la Ceni ».

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