Le Sénégal se veut moins dépendant de l’étranger dans l’après Covid-19

Le Sénégal se veut moins dépendant de l’étranger dans l’après Covid-19

Renforcer la « souveraineté alimentaire, sanitaire et pharmaceutique » et accélérer l’industrialisation: le Sénégal a adopté un plan de relance faisant la part belle à ses propres forces pour renouer avec une croissance mise à l’épreuve par le Covid-19.

« Cette relance, nous devons la faire en produisant local et en consommant local » et en « réduisant les importations », a déclaré jeudi lors d’une conférence de presse le ministre de l’Economie, Amadou Hott.

Un fonds d’urgence de 1.000 milliards de francs CFA (1,5 milliard d’euros) a permis d’atténuer l’impact social et économique de la crise sanitaire, mais « après la défense par la résilience, il faut passer à l’attaque par la relance », a ajouté le ministre, deux jours après la présentation de ce plan aux partenaires économiques par le président Macky Sall.

Alors qu’il misait initialement sur une croissance de 5,3% en 2020, le Sénégal a dû revoir ses prévisions à la baisse après avoir été atteint en mars par la pandémie, qui a particulièrement affecté le transport aérien, ainsi que le tourisme et les versements des Sénégalais de l’étranger, deux importantes sources d’argent.

Le pays ouest-africain s’attend désormais à voir son PIB reculer de 0,7% cette année.

Le recentrage sur la production et la consommation locales passera par une « accélération de la souveraineté alimentaire sur les produits de base » (riz, poisson, viande) et par « l’industrialisation » des secteurs agro-alimentaire et pharmaceutique, selon le ministre.

Mais « plutôt que d’instaurer des mesures protectionnistes, nous allons renforcer la compétitivité de nos entreprises », a-t-il ajouté, en assurant que le Sénégal continuera à « respecter ses engagements vis-à-vis de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ».

Le développement du tourisme local et régional, plutôt qu’international, la transformation digitale de l’économie et le renforcement de la protection sociale sont les autres grands enjeux des prochaines années, a-t-il dit.

L’objectif est de « remettre le pays sur une trajectoire de croissance forte » dès 2021, en dépit des « incertitudes sur la durée de la crise sanitaire », selon lui.

Le gouvernement table sur une hausse de 5,2% du PIB l’an prochain, de 7,2% en 2022 et de 13,7% en 2023, une accélération due notamment aux investissements dans le secteur pétrolier et gazier et à la construction de 100.000 nouveaux logements.

Dans le domaine agricole, l’excellente récolte qui s’annonce grâce à une pluviométrie abondante et à une main d’oeuvre qui a quitté les villes pour les campagnes devrait renforcer un peu plus l’importance d’un secteur qui a mieux résisté que d’autres à la crise sanitaire, selon M. Hott.

La nouveau programme gouvernemental, baptisé « Plan d’actions prioritaires, ajusté et accéléré » (PAP2A) devrait mobiliser quelque 14.712 milliards de francs CFA (environ 22 milliards d’euros) d’ici 2023, dont près de 40% doivent venir du secteur privé national et international.

Les partenariats public-privé seront étendus, les investissements dans les secteurs pharmaceutique et de la santé facilités et le crédit rendu plus accessible, notamment pour le secteur informel, selon ce plan.

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