RDC: appel à manifester contre l’ambassadeur du Rwanda accusé de « révisionnisme »

RDC: appel à manifester contre l’ambassadeur du Rwanda accusé de « révisionnisme »

Deux mouvements citoyens en République démocratique du Congo ont annoncé vendredi leur intention de manifester le 4 septembre pour demander l’expulsion de l’ambassadeur du Rwanda, accusé de « révisionnisme » dans sa lecture des relations bilatérales, que le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo veut apaiser. « Nous demandons au gouvernement congolais d’expulser sans délai l’ambassadeur Vincent Karega en signe de protestation contre l’attitude insultante de ce dernier », écrivent les mouvements Lutte pour le changement (Lucha) et Filimbi dans un communiqué conjoint.

Ces deux mouvements pro-démocratie accusent le diplomate de nier le rôle du Rwanda dans un massacre de civils perpétré en 1998 dans l’est de la RDC.Ils dénoncent « l’attitude révisionniste des autorités rwandaises, leur mépris sans pareil envers les victimes de leurs crimes ».

L’opposant Martin Fayulu Madidi a également affirmé sur Twitter que le représentant du Rwanda devait « être purement et simplement expulsé », ajoutant: La négation systémique du génocide congolais est inacceptable ».

Une pétition est partagé sur la toile avec le hashtag #ExpulsezVincentKarega.

Tout remonte à lundi, quand un internaute congolais avait twitté: « 24 août 1998, massacre de Kasika (au Sud-Kivu). Des militaires rwandais tuent sans relâche plus de 1.100 personnes, brûlant des villages entiers sur un trajet de 60 km, de Kilungutwe à Kasika ».

L’ambassadeur Karega avait répondu à ce message, dans un tweet suprrimé depuis: « Incohérence flagrante entre image et histoire. Narratif simpliste pour des accusations graves. Accuser sans évidence s’appelle calomnie. Villages sans noms, 1.100 morts avec deux noms. Circonstances de crimes et identité des criminels non dévoilée. Accusation ou propagande? « .

Cette polémique renvoie la RDC aux heures sombres des deux guerres civiles qu’elle a traversées (1996-2003) après le génocide rwandais de 1994.

En 1998, les forces gouvernementales de Kinshasa luttaient au Kivu contre une rébellion, le Rassemblement congolais pour la Démocratie (RCD), appuyée par le Rwanda.

Le 24 août 1998, des tueries attribuées aux rebelles Banyamulenge (Congolais tutsi rwandophones), avaient été perpétrées dans les villages entourant la mission catholique de Kasika. Le bilan diverge considérablement (47 à 207 morts au moins) dans cette région où les sources sont difficilement accessibles.

Le président Tshisekedi a reçu mardi l’ambassadeur du Rwanda, pour parler sécurité et développement de deux États, selon son cabinet. En juin 2019, lors des funérailles de son père, il avait reçu à Kinshasa le président rwandais Paul Kagame.

Mais de nombreux Congolais accusent le Rwanda de vouloir « balkaniser » leur pays et de déployer des troupes dans l’est, considéré par Kigali comme une base arrière des milices pro-hutus qui lui sont hostiles.

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