Finance islamique: ancienne et peu dynamique en Tunisie, plus récente au Maroc

Finance islamique: ancienne et peu dynamique en Tunisie, plus récente au Maroc

Des banques publiques algériennes viennent de se lancer dans le secteur de la finance islamique, une première, avec l’espoir de rediriger dans l’économie une partie des transactions informelles.

Tout d’horizon de la finance islamique dans les deux autres principaux pays du Maghreb, le Maroc et la Tunisie, alors que ces produits ont connu un essor au cours de la décennie écoulée, notablement dans le Golfe et en Malaisie.

TUNISIE

La finance islamique est absente du secteur public en Tunisie. Sa présence est en revanche ancienne dans le privé, où elle reste toutefois modeste.

Son lancement remonte au début des années 1980, malgré l’absence de cadre législatif propre au secteur. En 1983 est créée la BEST Bank -devenu Al-Baraka bank -, fruit d’un projet tuniso-saoudien.

En 2009, un nouvel acteur local débarque, la banque Zitouna détenue par Sakher El-Materi, gendre du président Zine El Abidine Ben Ali. Elle obtient l’autorisation d’exercer dans le secteur de la finance islamique sur la base des lois régissant les banques conventionnelles, toujours en l’absence d’un cadre législatif dédié.

Après la révolution de 2011, dans le but de moderniser les secteurs bancaire et financier, des lois de finances successives (2012, 2014 et 2016) ont institué le régime fiscal des différents instruments de financements islamiques.

Une note du ministère des Finances publiée fin mars 2016 a officialisé les instruments utilisées par trois opérateurs: Al-Baraka bank, Zitouna et Best lease.

Son poids? Selon une ancienne étude de 2013, il n’était qu’à peine plus de 2% de l’ensemble des actifs bancaires.

MAROC

L’apparition de la finance islamique au Maroc est plus récente. En juillet 2017, après des mois d’attente, les autorités du royaume ont donné leur feu vert aux banques islamiques dites « participatives » pour un démarrage effectif de leurs activités.

Les banques « halal » avaient reçu l’aval du Conseil supérieur des oulémas — une institution officielle chargée d’appuyer la politique religieuse du royaume — transmis par la Banque centrale (Bank Al-Maghrib, BAM).

Depuis, cinq banques « halal » ont obtenu leur agrément. En outre, trois banques « conventionnelles » ont lancé des « fenêtres participatives », en somme, un service « halal » en complément des produits classiques.

Selon le rapport 2019 de Bank al-Maghrib, les banques islamiques disposaient d’un réseau de 133 agences, contre une centaine en 2018.

Les financements immobiliers halal, appelés « Mourabaha », sont le produit phare, avec près de 88% du portefeuille de financements.

A fin 2019, les banques et fenêtres participatives ont enregistré un volume de 12,2 milliards de dirhams (1,1 milliard d’euros) contre 7,1 milliards un an auparavant.

Mais elles enregistrent des pertes nettes, à hauteur de 419 millions de dirhams (38 millions d’euros), du fait de « l’importance des charges d’investissement et de démarrage de l’activité », d’après la BAM.

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