RDC : « Il faut aller à la CPI pour le Kasaï »

RDC : « Il faut aller à la CPI pour le Kasaï »

Le manque du minimum de courage dans le chef de certains Etats du comité des droits de l’homme des Nations unies de Genève, déjà célébré comme une victoire diplomatique dans certains cercles kinois, ne sonne pas la fin des tensions au Kasaï, ni la fin des interrogations internationales sur la  situation dans cette province et sur les principaux responsables de ces exactionss.

« Le pouvoir de Joseph Kabila espère avoir gagné un peu de temps avec l’enterrement de cette commission d’enquête internationale sur le Kasaï. Le vote de ce vendredi portera sur une mission technique qui n’a aucun intérêt », explique un diplomate qui connaît bien la maison genevoise. « Pis, l’envoi de cette mission pourrait donner un semblant d’épaisseur aux conclusions du pouvoir congolais. Mais ça ne dupera personne », poursuit-il, convaincu que « le Haut-commissaire n’a pas dit son dernier mot. Cet échec est une humiliation pour lui. Il s’est investi personnellement, il a fait mener des enquêtes, il a des témoignages lourds de sens qu’il ne va pas enfermer dans un coffre-fort fût-il suisse. »

Pour notre homme, comme pour un ancien diplomate français, il ne fait aucun doute que « ces pièces vont ou sont déjà à la CPI ».  .

La plupart des faits évoqués au Kasaï relèvent du crime contre l’humanité. « Il ne faut pas perdre de vue non plus que les familles des deux experts ne vont pas baisser les bras« , enchaîne le diplomate qui fréquente très régulièrement les cenacles onusiens. « Quand vous avez un mort, de mort violente, dans votre famille, vous voulez répondre aux questions: qui et pourquoi  ? C’est le cas dans les familles des deux experts, en Suède comme aux Etats-Unis, c’est aussi le cas parmi tout le personnel des Nations unies. Cela fait du monde. Des gens déterminés. La vérité éclatera. »

Double ras-le-bol américain

Les Etats-Unis de Trump ont déjà montré leur impatience vis-à-vis de l’inaction des Nations unies en RDC. Le non envoi d’une enquête indépendante, « ça ne va pas passer », nous explique un bon connaisseur de Washington.  « Les sanctions vont tomber contre le pouvoir à Kinshasa. Elles vont viser le cercle économique autour de Kabila. Il faut taper les poches de ces gars, c’est le nouveau leitmotiv aux Etats-Unis. L’été risque d’être très chaud pour certains. Aux Nations unies aussi, ça rique d’être torride. Trump ne veut plus déverser ces centaines de millions pour un « machin » qui ne fonctionne pas. Le cas du Kasaï peut être le début d’une vraie révolution pour l’Onu. ».

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